‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 38 sur 98 · ÉLEVAGE INDUSTRIEL · texte numérisé non relu

ÉLEVAGE INDUSTRIEL

élevés. Faire peu, pour faire bien, voilà leur meilleure ressource. Que, par exemple, au lieu d’aboutir avec une chambrée de trois onces à un misérable total de 60 kilogr., ils obtiennent la même récolte avec une once seulement : au lieu d’avoir perdu leur temps et leur peine, ils auront au moins 30 kilogr. de bénéfice net.

On voit ainsi l’utilité qu’il y a pour les raagnaniers de bien connaître les conditions auxquelles une chambrée peut produire beaucoup.

Conditions de succès. — Ces conditions se ramènent à deux, qui, à la vérité, sont très vastes et demandent des explications étendues ; ce sont :

Premièrement, que la graine, qui est le point de départ, soit bonne.

Secondement , que les vers soient gouvernés suivant les règles qu’observent les bons praticiens.

Nous verrons, en parlant du Papillon, comment on prépare une graine qui ait toutes les qualités requises ; dès à présent, on doit comprendre que, sans cette première condition, on ne peut compter sur un bon succès.

Étudions la seconde, c’est-à-dire recherchons les règles de l’élevage proprement dit.

Règles de l’élevage. — Lorsque les fonctions de nutrition du ver à l’état normal seront mieux connues, ainsi que les diverses maladies auxquelles cet insecte est exposé, il sera peut-être possible de tracer des règles précises pour son élevage en grand ; mais actuellement on est loin de pouvoir seulement l’essayer. Comme l’a dit M. Pasteur, l’art d’élever les vers à soie est encore une industrie de tradition et de routine.

Nous commençons pourtant à pouvoir apprécier si telle

des pratiques que nous ont léguées nos devanciers est avantageuse, ou nuisible, ou tout simplement indifférente ; et ce premier progrès, qui était à coup sûr le plus difficile à accomplir, nous le devons principalement aux études de l'illustre savant que nous venons de nommer.

Nous avons par conséquent deux sortes de guides : les praticiens, d’abord, qui dans des livres excellents, tels que ceux de l’abbé de Sauvages et de Dandolo, nous ont légué le fruit de leur expérience et les traditions anciennes ; il y a évidemment beaucoup à prendre chez eux. Nous avons d’autre part les recherches plus récentes faites sur la physiologie, et principalement sur la pathologie dis versa soie : les §§ II et III de cette Deuxième partie en donnent un aperçu sommaire ; il est possible, en se fondant sur ces recherches, de corriger certaines erreurs et d’améliorer de divers côtés le gouvernement des vers.

En associant de cette manière la pratique et la théorie, on arrive à des règles qui sont à l’abri de toute contradiction.

Il reste encore, il est vrai, à concilier ces règles avec les nécessités économiques ; nous verrons que bien souvent c’est ce dernier problème qu’il est le plus difficile de résoudre.

Nous étudierons successivement : 1° la tenue générale des vers (principe de l’égalité) ; 2° l’espacement et les procédés de délitage et d’élevage sur claies et sur rameaux ; 3° la ventilation des locaux (dispositifs divers de magnaneries); 4° l’alimentation (récolte, distribution, propreté de la feuille) ; 5° le chauffage et l’éclairage des magnaneries; 6° les procédés d’encabanage; et enfin, pour terminer, 7° l’importance des chambrées (petites et grandes éducations).

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