MAGNANERIES DANDOLO
est effectué par un ou plusieurs poêles en maçonnerie complètement indépendants des cheminées.
Dandolo nons indique dans son livre les dimensions et l’agencement de plusieurs de ses magnaneries. La plus grande, destinée à élever vingt onces de graines, a 25 mètres de long, 10 mètres de large, et 6 mètres de hauteur sous le faîte; il y a 5 fenêtres au nord, 5 au midi, 3 au couchant, et 3 portes au levant ; le sol est percé de 7 soupiraux ; le toit en a 8, et les murs 13, c’est-à-dire une sous chaque fenêtre ; enfin, il y a 6 cheminées et un grand fourneau. Les claies sont disposées sur trois rangs, et chaque rang a 1 m, 60 de large.
Une deuxième magnanerie, destinée à élever 5 onces, a pour dimensions 13'“, 20, 6 mètres et 4ra, 20 ; il y a 4 fenêtres, 4 soupiraux latéralement, 4 au toit, 5 cheminées et 2 fourneaux.
Enfin des modèles plus petits, faits pour élever 1, 2 ou 3 onces, ont 2 cheminées, 1 fourneau, 2 à 4 fenêtres, et 2 à 4 soupiraux au toit, ainsi qu’aux murs latéraux.
On voit donc que c’est par un système d’ouvertures nombreuses et un emploi simultané des cheminées et des poêles que Dandolo a pourvu à la ventilation de ses magnaneries. Ce système peut paraître de prime abord un peu compliqué, mais il a un avantage immense, qui est de s’adapter sans beaucoup de dépense à tout appartement déjà construit ; en outre, il n’exige aucune précision dans les ajustements des portes et des fenêtres ; il s’accommode très bien de fermetures grossièrement faites, et la première chaumière venue peut ainsi se transformer en magnanerie. Dans les campagnes do la Lombardie, on n’en voit guère que de cette sorte ; toujours l’appel d’air est obtenu par un foyer intérieur.
Cependant on trouve dans une note de la correspondance de Dandolo, pour l’an 1818, qu’un certain Tadini lui proposa de produire l’appel d’air au moyen d’un foyer extérieur, installé par exemple au-dessus du plafond do la magnanerie ; cette idée lui parut très juste. On produirait ainsi, dit-il, d’une manière continue et sans échauffer la salle, un effet que les flambées ne produisent que d’une façon intermittente , en donnant toujours plus ou moins de chaleur.
Mais Dandolo mourut l’année suivante, et, selon toute apparence, ne put faire l’essai de ce procédé.
Magnanerie Darcet. — Le système qui consiste à chauffer l’air destiné à la magnanerie dans un calorifère extérieur appartient, d’après M. Perris àM. de Sinéty.
L’inventeur se bornait, paraît-il, à introduire dans la salle l’air chaud, amené par des conduits qui partaient du calorifère.
Cette idée fut reprise en 1836 par Darcet, qui la combina avec celle de la cheminée d’appel, et créa ainsi sa magnanerie à ventilation forcée, qu’il appela aussi magnanerie salubre. Ici, plus de cheminées ni de soupiraux dans les murailles. En revanche, le plancher et le plafond sont perforés de plusieurs rangées de trous dont les diamètres vont en décroissant d’un bout de la salle à l’autre ; ces trous conduisent à des gaines qui servent, celles du plafond à évacuer l’air vicié, et celles du plancher à amener l’air neuf, qui est le plus souvent de l’air chaud. La prise d’air, en effet, a lieu dans une chambre spéciale placée sous la magnanerie et dans laquelle on
1 Perris ; Traité de la culture du mûrier, de l’établissement des magnaneries et de l’éducation des vers à soie. Mont-de-Marsan, 1846.