MAGNANERIE DARCET
mélange à volonté l’air chaud d’un calorifère, l’air froid d'une cave ou d’une glacière, et même l'air extérieur ; il
Fig. 20. — Magnanerie Darcet.
A, Calorifère. — B. Entrée de l'air frais. — C, D, Gaines pour l’entrée et la sortie de l’air. — E, Tarare. — F, Cheminée. — G. Salle d’incubation.
suffit pour cela d’ouvrir ou de fermer les soupapes de conduits ménagés pour cela,
Les gaines d’air vicié aboutissent d’autre part à une puissante cheminée d’appel dont le tirage est déterminé par le foyer du calorifère, et d’un petit fourneau spécial qu’on allume au besoin. Enfin, si l’aspiration de la cheminée est insuffisante, un tarare lui vient en aide pour puiser l’air des gaines et le verser dans la cheminée. Tel
est en peu de mots le système qu’a imaginé Darcet pour obliger l’air à traverser de bas en haut toute la magnanerie.
Dans le principe, il avait calculé les dimensions des appareils pour renouveler l’air de la magnanerie seulement deux fois par heure ; mais il reconnut bientôt que ce ne serait pas trop, pour le Midi du moins, de doubler cette puissance de ventilation, et notamment de donner au tarare des dimensions telles qu’il fût aisé de porter la vitesse de l’air à 5 ou 6 mètres par seconde [Annales de la Société sëricicole, (tom. IV, p. 150); une telle vitesse ne pourrait pas être obtenue par l’action seule de la cheminée, sans une forte consommation de combustible.
Quant aux dimensions des gaines et de la cheminée, voici comment Darcet les calcule. Soit A litres le volume de la magnanerie ; si on doit renouveler l’air tous les quarts d’heure, il faudra y faire entrer A litres en 900 secondes, ou A/900 litres par seconde. Si les gaines sont égales entre elles, qu’il yen ait trois, par exemple, et que la vitesse de l’air doive y être de 10 décimètres par seconde, la section de chaque gaine sera A/27,000 décimètres carrés. La somme des trous à percer sur chaque gaine sera égale à la section de la gaine, augmentée de 1/5 à cause des frottements. Enfin la section de la cheminée sera le double de celle du conduit total où aboutit l’air vicié.
Le système de Darcet, en principe, est irréprochable. Il n’y a pas de doute que si l’air des gaines inférieures est plus chaud que celui de la salle, il montera de lui-même vers les orifices d’appel, et, s’il est plus froid, il sera encore forcé de monter de même, par l’action aspirante du tarare et de la cheminée.