‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 54 sur 98 · SOINS RELATIFS A LA FEUILLE · texte numérisé non relu

SOINS RELATIFS A LA FEUILLE

La feuille sur pied se vend eu moyenne 5 fr. les 100 kilog. et 6 à 7 fr. toute ramassée.

Soins relatifs à la feuille. — La cueillette de la feuille se fait dans des sacs dont l’ouverture est maintenue béante à l’aide d’un cerceau ; la feuille y est froissée, tassée à outrance, et s'échauffe rapidement. Cependant on ne remarque pas que ce traitement la rende nuisible aux vers, à la condition cependant qu’on se soit hâté de la répandre en une couche de 20 à 30 centim. seulement d’épaisseur, sur un sol bien propre, dans un local frais, et qu’on l’ait agitée avec des fourches, pour dissiper tout échauffement.

Si la feuille est fine et maigre, on peut la distribuer de suite après la cueillette ; mais si elle est forte, grasse, aqueuse, il faut la laisser s’amatir au moins vingt-quatre heures. Cette règle se trouve déjà dans un opuscule de Polfranceschi (1626). Dandolo non plus n’est pas d’avis que la feuille soit donnée fraîche ; un repos de vingtquatre ou quarante-huit heures, dit-il, lui procure une maturité qu’elle ne possédait pas.

Beaucoup de bons magnaniers veillent aussi à ce que la feuille, avant d’être distribuée, ait pris une température peu différente de celle de la magnanerie ; il suffit pour cela de l’y apporter un quart d’heure d’avance dans des corbeilles où elle ne soit pas tassée.

C’est surtout quand la feuille est dure, et en partie avariée par la gelée, qu’il faut aller lentement, tenant les vers à basse température, afin qu’ils mangent peu ; on gagne ainsi du temps, et la nouvelle feuille se développe encore assez tôt.

La feuille enduite de miellat doit être rejetée. On

peut, au contraire, distribuer sans crainte celle qui offrirait quelques taches de rouille ; ces taches sont produites par une végétation cryptogamique [septisporia mori) que les vers ont l’instinct de ne pas manger.

Si la pluie survient, Dandolo recommande que la feuille mouillée soit séchée avant d’être distribuée aux vers ; on l’étend pour cela sur des briques poreuses, ou on la secoue entre les plis d’une grande toile. Il vaut mieux, dit-il, faire un peu jeûner les vers, en abaissant la température, que de donner de la feuille mauvaise ou mouillée. Couper des branches garnies de feuilles afin de les faire sécher n’est pas pratique, si ce n'est pour de toutes petites éducations.

Coupe-feuilles. — Tant que les vers sont jeunes, c’est-à-dire jusqu’à la troisième mue, et même à la quatrième, on coupe la feuille en brins assez menus pour que les vers 11e puissent pas se perdre au-dessous. On se sert pour cela de couteaux bien affilés et bien propres.

On peut employer aussi des machines; celle qui est en usage dans la Lombardie est une des meilleures : elle se compose (fîg. 22) d’unauget rectangulaire A porté sur trois pieds, et qui reçoit la feuille; à l’un des bouts, la paroi manque, et à sa place peut se mouvoir un couteau à large lame B, articulé avec le levier C Sur l’auget, se rabat à volonté un couvercle D, en pivotant autour d’une broche E; dont les extrémités sont retenues dans deux rainures verticales ; ce couvercle se manœuvre à l’aide de la poignée F. La feuille étant tassée sous le couvercle, on commence à abattre à l’aide du couteau la portion qui déborde de la caisse. Yoici maintenant par quel mécanisme la feuille progresse vers la lame, de quanti-

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