‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 58 sur 98 · CHAUFFAGE · texte numérisé non relu

CHAUFFAGE

d’après Dandolo, les vers trop chauffés jettent leur soie avec tant de précipitation, qu’elle est très grossière : à longueur égale, elle pèse plus que celle des cocons produits de 20 à 25°; il y aurait même du déchet, non seulement dans la qualité de la soie, mais dans sa quantité.

En pesant ces diverses considérations, on ne peut qu’approuver les usages ordinaires, d’après lesquels on tient un juste milieu entre les éducations trop ralenties et les éducations trop accélérées. On ne doit pas hésiter néanmoins à sortir de ces limites quand les circonstances l’exigent : à ralentir par exemple la marche des vers si la saison trop froide ne développait pas assez vite la feuille du mûrier ; cà chauffer au contraire davantage si, pour un motif quelconque, on voulait gagner du temps ; l’essentiel est de gouverner les repas en raison de la chaleur.

Quelques personnes ont proposé de faire éclore les vers à 16°, et d’élever progressivement la température de 16° à 25°, de l’éclosion à la montée. On voit, parce qui précède, qu’il n’y a nul inconvénient à faire éclore à 25° et à ramener au bout de quelques heures les vers à 18° et même à 16° ; dans l’état de nature, ils auraient certainement à subir, du jour à la nuit, des transitions aussi fortes. Sous le climat de Paris, les minima pendant le mois de mai descendent à des moyennes mensuelles de de 5° ou 6° et les maxima montent au-dessus de 20°.

On ignore si ces oscillations diurnes doivent être imitées dans l’élevage industriel ; il serait possible que les vers eussent par ce moyen une plus grande force musculaire. L’usage est cependant de tenir aussi constante que possible la température qu’on a une fois décidé de produire; cela est plus économique, et, à l’époque de la montée.

cela est sûrement préférable pour la régularité du fil du cocon. Il ne manque pas cependant d’éleveurs qui, pour se dispenser d’alimenter les vers la nuit, laissent tomber le feu vers le soir et le rallument au lendemain en venant donner le repas du matin.

L’époque des mues n’est pas non plus sans difficulté : les uns veulent qu’à ce moment on surélève la température d’un ou deux degrés ; les autres demandent le contraire. L’abbé de Sauvages dit à ce sujet qu’il s’était arrêté à ce parti de ne rien changera la température de l’atelier, jusqu’à ce que les deux tiers ou à peu près des vers fussent alités ; de cesser alors les repas ou plutôt ne jeter que quelques feuilles çà et là, et en même temps abaisser la température de 3° ou 4° jusqu’à ce que le dépouillement des premiers vers fût accompli; de cette façon, dit-il, la mue ne se prolongeait pas au delà de 24 à 30 heures.

Les appareils de chauffage les plus usités dans les magnaneries desCévennes sont des fourneaux rustiques en maçonnerie, assez hauts et étroits, occupant les encoignures de la salle ; étant très massifs, ils sont lents à s’échauffer comme à se refroidir ; par suite, les variations brusques de température sont moins à craindre. On les alimente avec des briquettes spéciales, formées de menus de houille agglomérés avec un peu d’argile. En Lombardie, M. Susani emploie des fourneaux en forme de voûte cylindrique, très massifs, dans lesquels il brûle du bois. Les poêles en tôle ou en fonte peuvent aussi être utilisés, mais ils exigent plus de surveillance pour éviter les coups de feu. Enfin les cheminées qui sont faites principalement pour les besoins de la ventilation peuvent encore servir comme appareils de chauffage, bien qu’elles soient

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