‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 6 sur 98 · S .SP · texte numérisé non relu

S .SP

Les départements qui fournissent aujourd’hui nos récoltes de cocons sont ceux de la région sud-est, notamment le Gard (27,7 0/0), l'Ardèche (18,1 0/0), la Drôme (17,2 0/0) et Vaucluse (16,5 0/0) qui, réunis, font à peu près les quatre cinquièmes de la production totale de la France. Le reste provient du Var, des Bouches-du -Rhône, de l’Isère, de l’Hérault et des Basses-Alpes. Un faible appoint est encore donné par la Lozère, les Alpes-Maritimes, les Pyrénées-Orientales, le Tarnet-Garonne, les Ilaules-Alpes, le Tarn, la Savoie, la Corse, l’Aveyron, l'Ain, la Loire, la Haute-Garonne et le Rhône.

récoltes de l’Occident par l’effet de la pébrine, les commerçants ont eu recours aux soies d’Orient; les relations avec la Chine, les Indes, le Japon, ont été facilitées par l’ouverture du canal de Suez; aussi, depuis 1869, des quantités énormes de ces soies ont-elles été apportées en Europe, et à des prix relativement très faibles. Les chiffres suivants montrent pour quelle énorme part ces soies figurent maintenant dans la consommation de l’Europe.

Soie grège consommée annuellement en Europe (moyenne de 1873-1882 inclus).

Production de France, Corse, Algérie.. 607.936 kilogr.

— Italie et Autriche 2.291.556 —

— Espagne et Portugal. . .. 89.640 —

— Turquie et Grèce 387.050 —

— Géorgie et Perse 297.200 —

Exportations de Chine 4.078.030 —

— du Japon ,.... 961.650 —

— des Indes 513.480 —

Total 9.026.542 kilogr.

Ainsi, sur 9 millions, 5 à 6 sont d’importation d’Asie.

Pour nous, comme pour les anciens, l’Orient est toujours le pays de la soie ; mais, actuellement, c’est le bas prix de la main-d’œuvre qui lui crée ce privilège.

Il en résulte naturellement une forte dépréciation de nos grèges indigènes. Car si la qualité des soies d’Orient est en général inférieure à celle des nôtres, elle est cependant bien suffisante pour la fabrication d’étoffes à bon marché, où entrent des fils de coton, et qu’on surcharge de substances chimiques plus ou moins tinctoriales. Or la mode, dans ces derniers temps, s’est contentée de ces étoffes et a délaissé au contraire les belles soieries. Les grèges de premier ordre n’ont plus trouvé d’emploi, et

lfl INTRODUCTION'.

bon nombre de fïlateurs des Gévennes ont ferme leurs usines.

Le prix des cocons se maintient à un taux très bas, qui décourage beaucoup d’éleveurs. Ainsi, il n’y a pas plusdcdix ans, la France élevait encore près de 900 mille onces de graine ; actuellement, ce chiffre est réduit de moitié.

Il serait donc à souhaiter, pour l’agriculteur comme pour le filateur, que la modo revînt promptement aux belles soieries.

Toutefois il est juste de remarquer que l’agriculteur dispose d’une ressource dont il n’a pas tiré jusqu’ici tout le parti possible, et qui consiste à augmenter le rendement de ses éducations. Au taux de 50 à GO kilogr. de cocons à l’once, les éducations seraient très rémunératrices. Or nous avons dit que de telles récoltes étaient, non seulement possibles, mais encore se présentaient maintenant assez fréquemment. Le tout est qu’elles deviennent le cas ordinaire.

Nous avons la conviction qu’on y parviendra en donnant aux graines et aux vers des soins mieux entendus ; de grands progrès peuvent être faits sous ce rapport, et c’est à ce but principalement que visent les pages suivantes.

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