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loger leurs cocons. Ün les aligne en travers des claies, à 35 ou 40 centimètres les unes des autres, de telle sorte que les repas et les délitages puissent être continués sans
ENCABANAGE.
déranger les vers déjà montés; il résulte de cette disposition une série de petites cabanes : de là le nom d encabanage.
La pose des rameaux est rendue beaucoup plus facile quand, au préalable, on leur a préparé une sorte de charpente ; celle-ci est faite très économiquement avec des bouts de liteaux cloués en forme de râteliers ; on assemble deux à deux ces râteliers, on les attache aux claies avec des ficelles, et il n’y a plus qu’à remplir leur intervalle de broussailles ou de copeaux; la figure 23 représente ce système.
Il y en a un autre encore plus rapide, dont le seul inconvénient est le prix assez élevé : il consiste à disposer en travers des claies, verticalement ou mieux encore obliquement, des assemblages de liteaux appelés échelles Davril , du nom de leur inventeur; on obtient ces échelles en ajustant parallèlement des tringles en bois, à environ 27 millim. les unes des autres, puis on double le râtelier ainsi obtenu d’un second râtelier semblable, à
une distance d’environ I5millim.,de façon que les pleins du premier répondent aux vides du second (fig. 24). Le dessin ci-dessus représente en vraie grandeur la coupe transversale d’une de ces échelles. L’inventeur les surmontait d’une claie horizontale faite sur le môme modèle; mais une claie ordinaire sous laquelle on mettrait quelques fascines remplirait le même but plus économiquement.
Enfin, on peut suivre encore une méthode différente usitée dans tout l’Orient et en quelques points de l’Italie, qui consiste à trier sur les claies les vers un par un, au fur à mesure qu’ils sont arrivés à maturité, et à les porter dans des coconnières tout à fait indépendantes des claies. Ces coconnières, établies sous des hangars ou dans des locaux spéciaux, consistent en branchages adossés les uns contre les autres, ou en faisceaux de paille ayant la forme de cônes renversés, posés sur des tablettes, ou encore en casiers de bois ou de carton offrant une petite loge pour chaque ver '.
Quand on élève les vers à l’aide de rameaux et non plus sur des claies, on fait coconneries vers dans des brins de paille ou des fascines qu’on laisse couler verticalement entre les interstices des branchages; ceux-ci, au reste, offriront aussi des emplacements favorables à un grand nombre devers qui y feront leurs cocons.
Il faut, dans tous les cas, éviter d’accumuler trop de vers sous la même bruyère, de peur qu’ils ne se réunissent deux ou même trois ensemble dans la fabrication de
1 Ces casiers, recommandés récemment par M. Delprino, et plus récemment encore par M. Sartori, sont les mômes qu’a inventés vers l’an 1600 le Lucquois Guidoboni. Voir à ce sujet le Traité des vers à soie de Polfranceschi (Vérone, 1626), Ils sont trop coûteux et les vers ne s'y logent pas volontiers.
ENCABANAGE.
leur cocon; ces cocons, appelés doubles , sont indévidables et mis à part pour la vente aux Garderies.
Tant que dure la montée des vers et jusqu’à ce que les cocons soient entièrement terminés, il convient de maintenir la température entre 22° et 25° G.; un air plus froid engourdirait les vers et retarderait ou arrêterait même l’émission du fil soyeux; un air plus chaud rendrait cette émission trop précipitée, et il en résulterait des cocons plus grossiers.
On doit aussi veiller à ce que l’air circule constamment et conserve un état de sécheresse suffisant.
Quand ilne reste plus sur les litières qu’un petit nombre de vers, on les emporte pour les faire coconner à part et on débarrasse la magnanerie de toutes les litières. Sept à huit jours après cette opération, on pourra récolter les cocons destinés à la vente; ceux qu’on voudra conserver pour le grainage resteront sur la bruyère quelques jours de plus, afin que la chrysalide ait le temps de s’affermir davantage.
Importance des chambrées. — Le nombre des vers qu’on tient réunis dans un même local n’est point du tout chose indifférente ; on se tromperait fort en considérant comme équivalentes une chambrée de dix onces, par exemple, et dix chambrées d’une once chacune. Depuis longtemps, les avantages des petites éducations ont été reconnus ; le proverbe dit avec raison : Petite magnanerie grande filature ; et, en effet, tandis que le rendement moyen des éducations d’une once et au-dessous surpasse 50 kilogr. , c’est tout au plus si celui des éducations de plus de quatre ou cinq onces atteint la moitic de ce chiffre.
Bien des causes concourent à produire ce résultat. D'abord, à part des exceptions bien rares, on peut affirmer que, dans les grandes chambrées, les précautions hygiéniques sont tout à fait insuffisantes. Le personnel n’est pas assez nombreux, les vers sont trop serrés, la feuille est souvent avariée ou malpropre, la ventilation laisse à désirer; enfin, si les défauts précédents sont évités, il y en a un qui ne peut guère l’être : c’est la réduction du cube d’air et des surfaces de murailles perméables à l’air à des proportions beaucoup plus restreintes que dans les petits élevages. En d’autres termes, il y a agglomération des vers dans une même enceinte. Cette condition suffit pour que les maladies contagieuses aient plus de chances de s’y développer. Car, quelque soin qu'on ait apporté à la sélection de la graine, au choix de la feuille, à l’égale distribution de la chaleur, il y a toujours probabilité plus ou moins grande de rencontrer parmi les vers quelques sujets chétifs, parmi les feuilles des parties avariées, et dans l’étendue de la salle des points frappés par quelque courant d’air plus froid ou plus humide que dans les autres parties ; plus la chambrée sera vaste, et par suite le nombre des claies et des vers plus considérable, plus augmentera la susdite probabilité; conséquemment, plus il y aura de risques que des vers ne deviennent malades d’une quelconque des maladies auxquelles ces insectes sont sujets, et, au cas où cette maladie serait la flacherie, plus il y aura de chances que toute l’éducation succombe.
Avantages économiques des petites éducations.
— Les petites éducations offrent une autre sorte d’avantages qu’il importe de faire ressortir, et qui est non moins
avantages des petites chambrées. 167
décisif: c’est l’économie qu’elles permettent de réaliser sur la main-d’œuvre. En effet, tandis qu’une grande chambrée exige un personnel chèrement payé depuis le jour de l'éclosion jusqu’à la montée des vers, la petite éducation au contraire peut être confiée pendant les quinze ou vingt premiers jours aux personnes qui vaquent à d’autres travaux dans la maison, aux gens du ménage, aux femmes, aux enfants; le travail des vers, intercalé parmi les autres, ne coûte pendant ce temps presque rien. C’est là une économie considérable. Ainsi envisagé, l’élevage des vers devient une industrie essentiellement domestique, praticable dans les moindres chaumières ; il n’y a plus de magnanerie : un coin de cuisine ou de grenier en tient lieu.
Le bénéfice d’une petite éducation de ce genre est presque assuré. 11 est vrai qu’il est, d’une minière absolue, assez peu considérable; mais rien n’empêche celui qui voudrait opérer sur une plus vaste échelle de s’intéresser à un grand nombre de chambrées : il pourrait, par exemple, fournir la graine et la feuille, et avoir droit au partage de la récolte. Cette combinaison offrirait même un avantage nouveau : celui de la culture des mûriers par des procédés économiques, en grandes plantations ; la feuille reviendrait ainsi à meilleur compte que si chaque éleveur la produisait sur son propre terrain. En résumé, le meilleur système qu'on puisse conseiller dans l’état actuel de la science et jusqu’à ce qu’on ait trouvé des moyens de surmonter les inconvénients des grandes agglomérations, c’est de faire des éducations très petites, très nombreuses, avec des graines saines, et de les alimenter par de grandes plantations de mûriers.
Ce système, déjà mis en pratique en certains points du
Gard, de l’Hérault, du Yar, etc., est préconisé par des gens compétents ; nous croyons que s’il était adopté d’une manière plus générale, la production de la France atteindrait de nouveau, dépasserait même peut-être les chiffres les plus élevés de nos récoltes d’autrefois.
Tableau synoptique. — Pour récapituler sommairement les notions relatives à l’élevage industriel des vers à soie, nous avons reporté sur un tableau synoptique (PI. II) les données qui nous ont paru les plus immédiatement utiles à un magnanier débutant. C’est assez dire que ce tableau indique seulement la marche générale des travaux et ne peut donner sur aucun point des prescriptions absolues.