I. — Anatomie et physiologie de la Chrysalide
Transformation de la larve en chrysalide. —
Si on ouvre un cocon trois ou quatre jours après que le ver a commencé à le former, on trouve l’animal gisant à l’intérieur dans un état d’immobilité presque complète. Son corps s’est raccourci par le plissement profond de
la peau entre les anneaux ; en outre, il est devenu d’un
blanc laiteux qui rend très apparentes les cicatrices des égratignures et les taches de pébrine, quand il y en a. Le vaisseau dorsal est parcouru d’arrière en avant par des pulsations peu fréquentes. On remarque aussi un flétrissement très accusé des jambes membraneuses et de l’éperon, tandis que le 2e et le 3* anneau offrent au contraire sur leurs flancs deux renflements qui sont les premiers signes des ailes. Les organes intérieurs ont également subi des changements dont les plus apparents sont la réduction des vaisseaux soyeux et le raccourcissement de l’estomac. On peut enfin constater qu’une nouvelle cuticule épidermique se forme sous l’ancienne, ce qui est l’indice d’une mue prochaine.
En effet, trois jours environ après l’achèvement du cocon, cette mue s’accomplit. Mais l’animal qui se dé-
gage de la dépouille n’est plus une larve allongée, munie d’appendices saillants, et capable de se mouvoir et de manger : c’est une masse ovoïde presque inerte, dont les parties appendiculaires sont collées au corps (Voir fîg. 25) ; cette forme nouvelle est appelée chrysalide .
Fig. 25. — Chrysalide (grandeur naturelle).
A, vue de face. — B, vue de dos. — C, vue de profil.
En raison de ce changement considérable, on désigne cette mue sous le nom de métamorphose. Il importe seulement de remarquer que le passage de la forme de larve à celle de chrysalide s’est opéré par des gradations lentes et continues, conformément aux procédés ordinaires que l’on constate dans tous les actes de la nutrition des êtres vivants ; ce qui empêche qu’on n’aperçoive clairement ici les formes transitoires, c’est la rigidité et l’opacité des enveloppes de la peau ; lorsque la dépouille tombe, le travail accompli durant la période qui précède se manifeste tout d’un coup et simule, pour un œil inattentif, une métamorphose quasi instantanée.
Il est intéressant de voir comment la chrysalide se dépouille de la peau de larve dans laquelle elle est enfermée. Réaumur, qui est parvenu à saisir ce moment, le décrit ainsi. L’animal gonfle et allonge sa partie posté-