‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 62 sur 98 · FORMATION DE LA CHRYSALIDE · texte numérisé non relu

FORMATION DE LA CHRYSALIDE

rieure, puis la rétracte subitement; son corps se dégage ainsi de la pellicule abdominale et n’occupe bientôt plus que la moitié antérieure du fourreau de chenille. Continuant à se gonfler et à se contracter alternativement, il fait éclater ledit fourreau sur la ligne dorsale, le repousse vers l’arrière et l’accumule au bout de l’abdomen sous forme d’un petit paquet chiffonné. On retrouve dans cette dépouille les dix-huit arbres trachéens avec leurs stigmates, et toutes les pièces buccales, ainsi que les écailles du crâne.

Chrysalide de formation récente. — A ce moment, la chrysalide est très molle ; toute sa surface est mouillée d’un liquide qui semble suinter du corps ; sa couleur est d’un jaune clair ; les stigmates ont la forme de cavités coniques béantes ; les battements du vaisseau dorsal poussent le sang tantôt en avant, tantôt en arrière; enfin les appendices du corps, encore peu adhérents, peuvent, avec un peu de soin, être écartés et rendus flottants par l’immersion de l’animal dans un liquide ; c’est le moyen de bien voir la correspondance des parties de la larve avec celles du papillon. On peut ainsi reconnaître que les antennes sortent des cavités du crâne qui logeaient les muscles des mandibules ; les pattes, de la place même où étaient les pattes antérieures du ver; et les ailes, des parties latérales des anneaux du thorax.

Quelques heures plus tard, le corps s’est affermi par ladessiccation de l’humeur superficielle, qui est devenue une espèce de vernis collant ensemble toutes les parties. C’est aussi à ce vernis qu’est due la coloration du corps, laquelle, du jaune clair, passe au jaune doré ou au brun : Réaumur a observé en effet qu’un vernis brun étendu

sur un fond blanc d’argent imite le reflet de l’or. Il y a des espèces d’insectes où ce reflet est magnifique et justifie très bien la dénomination de chrysalide ou aurëlie; le terme vulgaire de fève s’applique mieux aux cas du ver à soie.

En considérant cette fève ou chrysalide plus attentivement, on voit que la moitié antérieure seule est immobilisée par sa carapace, tandis que la moitié postérieure, formée d’anneaux, peut se courber un peu en tous sens. Sur ces anneaux, les traces desjambes membraneuses et de l’éperon ne sont accusées que par quelques poils ou crochets peu apparents ; les stigmates y subsistent toujours sous formes de fentes linéaires ; toutefois ceux des 4e et 5e anneaux sont cachés sous les ailes et ceux du 1 Ie sont entièrement fermés. Les ailes cachent aussi toute la partie ventrale des 4e, 5e et 6e anneaux, et quelquefois le bord du 7e. Entre les ailes, on voit en haut une plaque blanchâtre qui correspond à la tête ; à côté sont les yeux, et plus en arrière l’insertion des antennes et la première paire de stigmates ; en avant et audessous sont les palpes maxillaires, puis les trois paires de pattes. Pour parler plus exactement, on ne voit pas ces organes eux-mêmes, mais seulement les étuis dans l’intérieur desquels ils vont se former.

En effet, sous cette enveloppe rigide, qui restera, jusqu’au papillonnage, identique à ce quelle est au premier jour, des changements considérables vont s’accomplir : on verra d’abord le tissu cellulaire sous-cutané, les lobes adipeux, les trachées et même les muscles, se désagréger en une infinité de globules microscopiques, véritable bouillie qui rappelle la substance vitelline de l’œuf ; cette destruction des tissus a été appelée histolyse (Weis-

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