SÉCRÉTIONS ET EXCRÉTIONS
longtemps ; même l’exposition au soleil est efficace lorsqu'elle est prolongée pendant huit heures environ. La rapidité de l’étouffage dépend aussi du degré de sécheresse de l'air ambiant; plus l’air est saturé d’humidité, plus vite l’animal est tué ; mais dans la pratique on préfère agir avec de l’air sec autant que possible, afin d’éviter le ramollissement des cocons et les taches qui proviennent des chrysalides mortes antérieurement par suite de flacherie ou de grasserie.
Quand on opère sur de petites quantités de cocons, on peut les étouffer aussi en les enfermant pendant quelques heures dans un récipient avec un peu de sulfure de carbone ou de cyanure de potassium, ou enfin des morceaux de camphre, ou du tabac à fumer.
Sécrétions et excrétions. — C’est Galli Bibiena qui a mentionné le premier le gonflement singulier de l’oesophage dans la chrysalide ; il se ramasse, dit-il, dans cette espèce de fiole une lymphe limpide, qui sert au papillon pour baigner le bout du cocon par lequel il doit sortir, et cette fiole ainsi vidée deviendra le sac à air1. Maestri a répété la même observation en 1856 et reconnu que cette liqueur est alcaline. D’après M.Verson, une partie de cette liqueur pourrait se rendre à l’estomac pour aider à la dissolution des résidus qui s’y trouvent parfois. Ce qu’il y a de sûr, c’est que, versée sur le cocon, elle a la propriété de décoller les replis des fils soyeux, comme le ferait de l’eau bouillante; il suffit donc au papillon d’écarter à droite et à gauche ces replis à l’aide de ses pattes et dosa tête, pour se frayer une ouverture assez large et sortir ainsi du cocon.
1 Voir Bettij II baco da seta. Vérone, 1765.
La matière excrémentitielle qui se ramasse dans la poche cœcale est sécrétée par les tubes de Malpighi et peut-être aussi par les parois de la poche elle-même ; il n’est pas certain que la poche stomacale puisse aussi y envoyer une partie de son contenu. La couleur de cette matière est rougeâtre et quelquefois brune ; elle contient de l’urate d’ammoniaque en petits granules microscopiques.
Le contenu de la poche stomacale est, dans le début, très liquide, mais bientôt il s’épaissit en une matière gluante, rouge orangé, qui ressemble à de la résine. Cette matière est très abondante chez les vers qui se sont cbrysalidés sans faire de cocons ; c’est pourquoi Maestri croit qu’elle peut venir de la substance des glandes soyeuses.
Fréquemment aussi on y trouve des débris de feuilles non digérées et des ferments ; mais, en ce cas, on a affaire à un sujet mal portant. Un ver eu bonne santé doit, en effet, évacuer sa feuille en totalité avant de filer son cocon.