‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 10 sur 127 · GLOBULES ROUGES · texte numérisé non relu

GLOBULES ROUGES

un de ces chevaux percherons qu’on voit attelés aux omnibus et qui n’avait été cédé à l’expérimentateur que parce qu’il était atteint d’un commencement de morve. Le cheval était terrassé- et maintenu couché sur le côté de façon que la veine jugulaire se trouvait être dans une direction presque horizontale avec le sol. J’avais fait une ligature à cette veine, qui s’était gonflée au-dessus par la stagnation du sang. Après un moment de cette stagnation, Je fis une ponction par une ouverture étroite dans la portion supérieure du cylindre veineux, et je fus trèsétonné de voir sortir du plasma à peu près pur, c’est-àdire du sang presque incolore ; tandis qu’en piquant la veine dans sa partie inférieure, le sang sortit avec la couleur du sang veineux ordinaire. J’ai répété cette épreuve plusieurs fois avec le même succès sur l’animal couché ou debout, et de manière à me convaincre que dans la veine, même sur le cheval vivant, les globules dans le Sang en repos se séparaient du plasma et tombaient vers les parties les plus déclives. Quand le cheval est debout, on peut cerner entre deux ligatures une certaine quantité de sang dans la veine jugulaire, comme dans une éprouvette. Après quelques instants de repos, en piquant la veine près de la ligature supérieure, on obtient du plasma à peu près pur en assez grande quantité pour en faire l’examen.

Je n’ai pas eu l’occasion de vérifier ces faits sur d’autres chevaux ; mais sur celui dont Je viens de parler, la séparation des globules du plasma était extrêmement évidenteà

L’animal était bien nourri, vigoureux en digestion, et

LEUR ÛENSITÉ.

avait le filet sympathique cervical coupé. Toutes ces con^ ditions étaient-elles favorables à la séparation des globules et' du plasma? c’est ce que d’aulres expériences pourront apprendre. On doit d’ailleurs regarder céS phénomènes comme n’étant pas l’apanagé exclusif du cheval ; ils ap-^ partiennent à tous les animaux, tnais seulement ils sont plus difficiles à réaliser chez certaines espèces- qiië chez d’autres. De Sorte que nous pouvons dire d’uné manière générale que les globules rouges du sang, à causé de leur densité plus considérable, tendent toujours à se séparer du plasma et à aller au fond du vase qui renferme le sang.

Maintenant y a-t-il d’autres conditions qui soient capa^ blés de favoriser cette séparation du plasma et des globules rouges ? La section du nerf grand sympathique, ainsi que je le disais tout à l’heure, pourrait être une condition favo-^ râble. En outre, cette précipitation des globules paraît toujours plus facile dans le sang veineux que dans le sangartériel. Chez l’homme, les affections inflammatoires favorisent aussi cette séparation des globules. NoüS ver-^ rons plus tard que l’inflammation dans son essence peut être regardée elle-même comme un phénomène nerveux* Or, la section dû grand Sympathique, se rendant dans une certaine partie du corps, y détermine une tendance à l’im flammation et une inflammation véritable dans certaines conditions données.- Depuis longtemps, on sait que le sang retiré par une saignée' dans une maladie inflammatoire, forme en se coagulant une croûte blanche nom^é^co^uennë inflammatoire : cela vient de ce qu’avant fe^^^&de la coagulation du sang, les globules ont déjà eu le temps de

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