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TEMPÉRATURE DU SANG

parce, que les expériences brutes semblaient favorables à cette opinion. En effet, dans les membres, le sang de la veine sous-cutanée est moins chaud que le sang de l’artère; et cela s’explique très-bien en songeant que la veine e.st plus superficielle que l’artère, et doit par conséquent perdre plus de chaleur par rayonnement au dehors ; la différence de rapidité de la marche du sang dans ces deux vaisseaux vient également concourir au même résultat. Mais si l’on vient à déplacer le siège des expériences et si on les pratique sur des vaisseaux profondément situés, le phénomène change complètement de face, et l’on voit que le sang veineux est plus chaud que le sang artériel. Ainsi, le sang de la veine cave est plus chaud que celui de l’aorte, et c’est en arrivant au niveau du diaphragme, à l’abouchement des veines sus-hépatiques, qu’on trouve le sang le plus chaud de l’économie. C’est un sang en quelque sorte le plus veineux du corps. Enfin, dans ces expériences, il faut aussi tenir compte de l’état de l’organe ; car, toutes choses égales d’ailleurs, on sait que si l’organe est en fonction, le sang est plus chaud.

Pour comprendre les différentes fonctions du sang dans l’organisme, il faudra donc le considérer comme un liquide doué de propriétés très-mobiles, d’une composition très-complexe et en rapport intime avec la vie même des organes qu’il baigne. Pour arriver à la connaissance exacte du fluide sanguin, il est indispensable en outre d’étudier un à un les différents éléments qui le constituent, le rôle qu’ils jouent, leur constitution chimique, et enfin les altérations qu’ils peuvent subir sous l’influence des

plasma du sang.

maladies. En un mot, il faut examiner toutes les propriétés du sang successivement et parallèlement dansJ’état physiologique et dans l’état pathologique.

Au point de vue physique et anatomique, on peut considérer le sang comme formé de deux parties essentiellement distinctes : l’une, liquide et incolore, constitue le plasma du sang ; l’autre, solide, est formée par des globules, tenus en suspension dans le plasma. Il -y a deux espèces de globules, les uns blancs, les autres colorés. Les globules blancs existent chez les animaux invertébrés et vertébrés ; les globules rouges n’existent que chez les animaux vertébrés, et c’est à eux qu’est due la couleur rouge du sang.

Le plasma du sang est liquide tant qu’il est contenu dans le corps de l’animal ; aussitôt qu’il en est retiré et surtout qu’il est exposé à l’air, il ne tarde pas à se prendre en masse, et il s’en sépare une substance solide sous forme de filaments entrelacés qui n’est autre que la fibrine. En se coagulant, la fibrine relient dans ses mailles les globules rouges du sang, si on ne les a pas primitivement séparés du plasma. Le plasma privé de sa fibrine et de ses globules n’est plus que du sprum.

La séparation du plasma des globules du sang est assez difficile, à cause de la rapidité avec laquelle le sang se coagule spontanément. Elle est cependant réalisable, et l’on y arrive en retardant le plus possible la coagulation ; les globules, ayant toujours une densité un peu plus considérable que celle du plasma, se précipitent au fond du vase, laissant à la partie supérieure le plasma presque incolore.

ANALYSES DU SANG

Le sang de cheval se prête plus facilement à cette expe'rience à cause de la lenteur avec laquelle il se coagule naturellement, et en second lieu parce que c’est peut-être le sang pour lequel la différence existant entre la densité des globules et celle du plasma est la plus considérable. II est toutefois utile, si l’on veut réussir dans cette expérience, de maintenir le sang à une basse température qui ralentit la coagulation : on peut, par ce moyen, retarder quelquefois de vingt-quatre heures la coagulation du plasma, et l’on arrive assez souvent à obtenir une séparation à peu près complète des globules et du plasma.

Yoici du reste, d’après Hoppe, quelques chiffres qui pourront donner une idée des proportions de plasma et de globules contenus dans le sang de cheval et les poids spécifiques de ces deux parties.

Le sang de cheval contient sur 1000 parties : plasma, 673,8; globules, 326,2 = 1000.

1000 parties de globules contiennent : eau; 565 ; parties solides, 435 = 1000.

1000 parties de plasma renferment : eau, 908,4; parties solides, 91,6=1000.

Poids spécifique des globules =1,105.

Poids spécifique du plasma = 1,027.

Cette séparation du sang en globules et en plasma peut avoir lieu, non-seulement dans le sang retiré des vaisseaux, mais aussi dans le système sanguin chez l’animal vivant. C’est ce que j’ai, en effet, observé, et voici dans quelles circonstances ; Je faisais autrefois des expériences sur l’influence du nerf grand sympathique cervical sur la circulation chez le cheval. L’animal était vigoureux ;

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