RESPIRATION ET CALORIFICATION
ment en examinant avec soin la succession des phénomènes, ainsi que cela a été fait dans la deuxième partie de l’expérience où l’on a noté le temps, on voyait se manifester quelque chose de nouveau que les mesures prises dans le rectum n’avaient pas permis d’apercevoir. L’élévation de température n’était pas le fait primitif, immédiat ; il était précédé d’un léger abaissement. Ce n’est qu’après celte oscillation préalable que le mouvement d’ascension s’accentuait et ne s’arrêtait plus, jusqu’à ce que le point 40°, 3 fût atteint.
En dégageant les narines, le thermomètre retombait à son point de départ, et même un peu au-dessous, à 39°, 3. Une nouvelle obstruction le ramenait à 39°, 6; puis, après la levée de l’obstacle, il retournait au niveau primitif ou dans son voisinage.
En résumé, il est possible de faire varier à volonté la température, de l’élever ou de l’abaisser, en entravant ou en laissant libre le jeu de la respiration.
Voilà pour le sang artériel.
Pour le sang veineux, le thermomètre était introduit dans l’oreillette droite du cœur. Le nombre primitif indiqué par l’instrument était 39°, 2. Les narines étant bouchées, l’ascension se manifestait comme précédemment. Mais, dans ce cas, elle était immédiate : on ne constatait pas ici l’espèce d’hésitation, d’oscillation, relevée tout à l’heure à propos du système artériel. Successivement, les points 39°, 3, 39°, 4, 39°, 5, étaient- atteints et dépassés. A ce moment, on fit disparaître l’obstacle, la narine fut ouverte, la température ne baissa pas immédiatement; elle continua quelques instants son mouvement ascensionnel
jusqu’à 39°, 6 et 39%7 ; alors seulement commença la période de décroissance.
Donc le fait qui domine tous ces résultats expérimentaux, et qui doit nous servir de conelusion est, définitivement, celui-ci :
JJ asphyxie par prirntion (J air entraîne une élévation passagère de la. température animale.
Cette élévation étant dûment constatée, et acceptée comme l’expression exacte de la réalité, il s’agit maintenant d’en rendre raison ; comme toujours, après l’obseï’vation, nous entrons dans la phase des explications.
Une première difficulté se présente si l’on examine les choses superficiellement ; cette élévation de température coïncidant avec la cessation de la respiration, l’abaissement coïncidant avec sa reprise, paraissent inexplicables. II semble y avoir contradiction entre ces faits et la théorie qui attribue la production de la chaleur animale à la combustion respiratoire. En examinant de plus près, la contradiction s’évanouit. Si, en effet, l’oxygène ne peut plus arriver du dehors pour entretenir la combustion et produire le calorique, il n’en faut pas conclure qu’il fasse entièrement défaut il y a une provision, un emmagasinement d’oxygène dans le sang. Lorsqu’on intercepte l’action de l’air dans les voies respiratoires, le sang artériel et même le sang veineux ordinaires contiennent encore une forte proportion d’oxygène, qui, dans les circonstances normales, ne les abandonne jamais, mais qui après l’asphyxie se consume et disparaît totalement. Le sang asphyxié ne renferme plus de traces d’oxygène ; pendant l’asphyxie il a fourni un aliment aux