CONTRACTION MUSCULAIRE, CALORIFICATION
Vous voyez peu à peu le sang de l’artère devenir noir, mais bien plus lentement que chez un chien noncurarisé: il n’y a du reste aucun mouvement parce que l’animal est profondément intoxiqué.
Voici maintenant ce que nous observons du côté de la température du sang dans le cœur pendant l’asphyxie.
Avant l’arrêt de la respiration . . 37®, 0
On arrête la respiration . 36®, 5
On rétablit la respiration . 37®, 4
Arrêt nouveau de la respiration, à 2'*, 38' . 36®, 0
Les battements du cœur se sont d’abord ralentis, arrêtés à peu près, et maintenant le cœur .a rejiris les battements précipités que je considère comme des battements -post moriem.
Vous avez pu constater que l’asphyxie a été très-longue à se produire chez ce chien. Quant à la température, nous voyons que l’asphyxie a produit d’abord chez le chien CLirarisé un abaissement considérable, puis, à la fin, une élévation est bien survenue, mais elle n’a pas atteint le point initial, tandis que chez les animaux, dans d’autres conditions, cette température initiale est de beaucoup dépassée. Est-ce la paralysie du. système musculaire qui produit cette si grande différence? C’est là une question à poursuivre ; il me suffit de la signaler..
Nous savons en quoi consiste l’intoxication par l’oxyde de carbone; la notion du phénomène par lequel ce gaz s’empare du globule rouge, de l’hémoglobine et en chasse, l’oxygène nous permet d’ahorder avec fruit et d’interpré-
ter nos expériences sur les modifications calorifiques qui s’observent dans cette asphyxie.
Voici un animal que nous plaçons dans la caisse vitrée décrite précédemment, après avoir pris sa température rectale. Elle est de 88“,8. Au bout de six minutes, l’animal tombe asphyxié. Quatre minutes plus tard, c’est-à-dire dix minutes après son introduction dans l’appareil, nous trouvons 37”, 5. L’abaissement est considérable : il est de 1“,3 en dix minutes. Nous avons répété cette expérience plusieurs fois, et toujours nous avons trouvé un abaissement considérable de la température dans le rectum par suite de l’asphyxie par l’oxyde de carbone pur. Puis lorsqu’on remet l’animal dans de l’air pur, il revient à sa température primitive ; mais cela n’a pas lieu instantanément. fl faut attendre plusieurs heures pour que l’animal soit revenu au point de départ, et ce n’est qu’à mesure que l’oxyde de carbone s’élimine, qu’il reprend sa température normale.
C’est là un caractère important de l’asphyxie par l’oxyde de carbone. 11 y a abaissement de température. Tandis que l’asphyxie par suppression de l’air ou par l’acide carbonique nous avait présenté après quatre ou cinq minutes une élévation du degré thermométrique, ici au contraire nous constatons une décroissance. C’est là un nouveau signe différentiel pour les deux empoisonnements. L’antagonisme est complet entre les manifestations qui les caractérisent. — Coloration noire, élévation de température, double bande spectroscopique réductible, dans le cas de l’asphyxie par suppression de l’air ou par l’acide carbonique. Rutilance, abaissement de température, dou-