‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 112 sur 127 · ANALYSE DES GAZ DD SANG · texte numérisé non relu

ANALYSE DES GAZ DD SANG

ee temps, le sang continuait à vivre sous sa cloehe; si c’était du sang artériel, il consommait son oxygène, et le lendemain il était passé à l’état de sang veineux. Ainsi, dans tous les eas, Magnus sans s’en douter avait opéré sur du sang veineux; de là, les différences très-petites que. ses analyses indiquent entre les quantités d’oxy-^ gène contenues dans le sang artériel et le sang veineux. C’est alors qu’en voyant que l’oxyde de carbone a la propriété de chasser intégralement l’oxygène du sang, et de rendre ce sang incapable de se transformer, j’eus l’idée de faire servir l’oxyde de carbone à l’analyse des gaz du sang.

L’oxyde de carbone joue donc ici un double rôle : il déplace l’oxygène et rend le sang inaltérable; et par suite, il s’oppose à la transformation de l’oxygène dégagé en acide carbonique. Telle est la base de notre procédé ; mais comme le sang renferme d’autres gaz que l’oxygène, il faut aussi les dégager du sang, et le vide ou la chaleur sont les meilleurs moyens à employer pour atteindre ce but.

Nous emploierons une pompe à mercure à l’aide de laquelle nous pouvons combiner le vide et l’action de l’oxyde de carbone. Cet appareil n’est autre que la machine pneumatique à mercure, à laquelle M. Gréhant a apporté quelque perfectionnenient et que nous allons encore faire fonctionner devant vous. Le sang est d’abord introduit dans un ballon de verre qui communique avec cette machine, et dans lequel le vide a été préalablement fait. Le ballon est placé sur un bain-marie, de manière à le chauffer modérément, afin de faciliter encore davantage

le dégagement des gaz. Maintenant voici comment nous opérons :

Pour éviter que le sang n’ait le contact de l’air, nous l’extrayons du vaisseau artériel ou de la veine de l’animal, à l’aide d’une très-bonne seringue de verre graduée munie d’une garniture de fer, et dans laquelle on a déjà introduit une quantité d’oxyde de carbone, à peu près égale au volume du sang que l’on veut analyser. Le sang introduit dans la seringue et exactement mesuré, on l’agite un moment pour faciliter la combinaison de l’oxyde de carbone avec l’hémoglobine, puis on introduit le tout dans le ballon de verre, où l’on a eu auparavant la précaution de faire le vide. Tout le reste de l’opération se réduit à une simple analyse de gaz.

Sans doute le vide combiné avec la cuisson du sang pourrait paraître suffisant pour en extraire le gaz qu’il contient et arrêter en lui toute altération ultérieure. L'oxyde de carbone, en un mot, pourrait ne pas sembler indispensable dans l’opération. En effet, la cuisson combinée avec le vide est un perfectionnement considérable sur le procédé primitif de Magnus, mais nous pensons que pour avoir des analyses très-exactes des gaz des diverses espèces de sang suivant les divers états fonctionnels des organes, il faut absolument recourir à l’emploi de l’oxyde de carbone. Voici pourquoi : L’action de la chaleur sur le sang, lorsqu’elle n’est pas assez subite, peut modifier les rapports de l’acide carbonique et de l’oxygène, et le temps qui s’écoule entre l’extraction du gaz et son introduction dans l’appareil à analyse peut même suffire pour qu’il se passe dans le sang des altérations

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