‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 113 sur 127 · ANALYSE DES GAZ DD SANG · texte numérisé non relu

ANALYSE DES GAZ DD SANG

capables dans certains cas de modifier son contenu gazeux (1). Dans notre procédé, le sang, au sortir du vaisseau, se trouve immédiatement en contact avec l’oxyde de carbone, il passe en quelque sorte à un état de fixité qui empêche en lui toute altération si minime qu’elle soit, de sorte qu’à l’aide de ce procédé on peut dire que la nature est réellement saisie sur le fait.

Les altérations que le sang peut subir peuvent, surtout avec l’aide du vide, produire des gaz de décomposition. Ainsi j’ai cité le cas du sang qui, au sein de l’hydrogène, continue à former de l’acide carbonique pendant longtemps. Dans le vide de la pompe à mercure, le sang fournit également des gaz (acide carbonique, hydrogène sulfuré), surtout si l’on chauffe. Ce sont donc là autant de sources d’erreurs qu’il faut connaître, et l’oxyde de carbone peut servir à les éviter. En outre, je pense qu’il ne faut pas arriver au vide complet, qui s’éloigne’ trop des conditions physiologiques du sang dans la respiration. En un mot, je crois qu’il y a des modifications à introduire dans les procédés d’analyse des gaz du sang dont on se sert journellement.

L’action de l’oxyde de carbone dans les analyses du sang donne surtout des résultats précieux, quand il s’agit de se rendre compte des conditions exactes dans lesquelles

(1) M. Schutzenberger a constaté, sur du sang oxygéné conservé à l’étuve à 37 degrés, en dosant l’oxygène de demi-heure en demi-heure (par le procédé à l’hydrosulfité de soude décrit par Schutzenberger et Risler), que la déperdition en oxygène pour le sang frais ne dépasse pas 3 ou k centimètres cubes par heure pour 100 grammes de sang. Lorsque la putréfaction commence, cette déperdition devient au contraire très-rapide (voy. Compt. rend, de l’Acad. des sc., 6 avril 187A).

ASMYXIE.

le sang artériel se transfoTme en sang veineux sous certaines influences très-rapides, dépendanldu système nerveux ou de l’état fonctionnel des organes.

J’ai observé, par exemple, que lorsqu’on coupe les nerfs du système du grand sympathique, on voit immédiatement le sang, auparavant très-noir, devenir rouge après la section. La raison en est que si l’on supprime subitement l’action du système nerveux sympathique, le sang ne perd plus son oxygène en traversant les capillaires, et teste rouge. Mais ce sang veineux rouge a we très-grande tendance à devenir noir, et si on ne le saisit pas à l’instant même, quelques secondes après il a perdu ses caractères, et est .devenu noir et semblable I du sang veineux ordinaire. Il serait de toute impossibilité 'de faire l’analyse exacte de cette espèce de sang, si l’on ne recourait à la méthode que je viens de vous indiquer, dans laquelle nous combinons le vide et l’emploi d’oxyde de carbone.

L’oxyde de carbone rend encore des services du même genre, comme Je l’ai montré depuis longtemps quand il s’agit de faire des analyses comparatives de sang veineux dans des organes en état de repos et en état de fonction.

C’est là un point de vue sur lequel j’ai beaucoup insiste parce que je le crois trèsnmportant et trop néglige. Pour se rendre compte des phénomènes vitaux, il faut toujours faire les recherches anatomiques et chimico-physiques sur les organes aux différents âges et aux différents états fonctionnels, physiologiques ou pathologiques. Autrement, on opère toujours dans des conditions indéterminées et l’on n’atteint que des résultats manquant de précision;

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