SELS DU SANG
pathologiques et combien il est indispensable de ne pas séparer leur élude.
Arrivons enfin aux matières minérales que l’on rencontre normalement dans le sang. Les principales d’entre elles sont la potasse, la soude, la chaux, l’acide phosphorique à l’état de phosphates, le fer. On obtient ces ma^ tières par dessiccation du plasma et des globules, et incinération des résidus obtenus.
L’examen chimique de ces cendres a fait voir qu’il y avait des renseignements intéressants à acquérir quant aü siège dé ces diverses ' matières dans les différents principes du sang. De môme que nous avons vu les ga^ avoir un siège particulier, de même aussi nous verrons les matières minérales se séparer et se concentrer dans des organes spéciaux. Les globules deviennent le siège Spéeial de certaines substances, le plasma en renferme plus abondamment d’autres.
Ainsi, par exemple, la potasse et la soude ne se ren-^ contrent pas en mêmes proportions dans les diverses parties du sang.
Les globules né renferment presque exclusivement que de la potasse et à peine des traces de soude, tandis que celte dernière existe aboiidamtaent dans le plasma,
Le fer qui existe dans le sang se rencontre particulièrement dans les globules.
L’acide phosphorique existe aussi plus spécialement dans les globules.
En résumé, de cette comparaison du siège des matières minérales contenues dans le sang et de ces différences que l’on rencontre, on peut tirer la conséquence
MÉTADX Dü SANG.
suivante, dont je crois vous avoir parlé, mais qu’il est bon d’énoncer souvent : Les globules sont des éléments organiques nageant et vivant dans le plasma, possédant un liquide intérieur qui leur est propre et n’étant pas imbibés par le plasma lui-même-. Ces éléments, ces corpuscules du sang, vivent dans ce milieu comme les poissons vivent eux-mêmes dans l’eau de la mer sans en être pénétrés.
Comment les globules sanguins peuvent-ils contenir de la potasse, du fer, si le plasma n’en contient pas? Il est évident qu’ils ne peuvent former de toutes pièces ces matières minérales : il faut admettre simplement qu’ils ont la faculté d’absorber ces substances et de les concentrer à leur intérieur à mesure qu’elles se présentent en petite quantité dans le plasma, exactement comme les algues qui, vivant sur les bords de la mer, concentrent dans leurs tissus l’iode contenu en quantité si minime dans l’eau de la mer.
Dans quelques cas pathologiques, cette faculté de concentration subit des modifications. C’est ce qui arrive dans le choléra, par exemple, d’après C. Schmidt. En ce cas, le sang ne tarde pas à se désorganiser, et il en résulte toujours de graves accidents.
Je ne m’étendrai pas davantage sur ces considérations générales. Notre but n’est pas de faire un exposé complet de ce que la science possède sur le sujet que nous traitons, mais d’entrer dans les détails des méthodes et des procédés d’investigation où la science prend sa racine. C’est là la base inébranlable sur laquelle la science médicale doit se fonder. Nous arriverons à ce résultat
Dü SANG.
en appliquant devant vous l’analyse expérimentale à diverses questions qui intéressent à la fois la physiologie et la médecine. Nous avons choisi pour premier sujet de nos études les anesthésiques et le mécanisme de X anesthésie. » ■