‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 22 sur 127 · JACKSON ET L ETHER · texte numérisé non relu

JACKSON ET L ETHER

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ploya des inhalations d’éther pour insensibiliser des malades soumis à diverses opérations, les30 mars et 3 juillet -1842 et le 9 septembre 1843. Le fait a été reconnu et consacré par Jackson lui-même.

Malheureusement, W.-C. Long négligea d’appeler l’attention sur ses observations, qui passèrent ainsi complètement inaperçues, et il fallut une nouvelle découverte, mieux exploitée cette fois, pour faire entrer la science en possession de ce fait aussi curieux qu’important.

Pendant l’hiver de 1841 à 1842 (1), un médecin et chimiste américain, nommé Jackson, préparait du chlore pour une leçon qu’il allait faire devant l'Association charitable du Massachussetts, lorsqu’une des bouteilles où s’était accumulé le chlore vint à se briser, et le gaz, dispersé par cet accident, provoqua une irritation violente des voies respiratoires chez l’opérateur. Pour arrêter les effets du chlore, Jackson eut l’idée de respirer en même temps de l’éther et de l’ammoniaque ; il espérait que la réaction de l’hydrogène de l’éther sur le chlore donnerait naissance à de l’acide chlorhydrique, lequel s’unirait immédiatement à l’ammoniaque pour produire du chlorhydrate d’ammoniaque complètement inoffensif. Jackson éprouva en effet un certain soulagement qui l’engagea à répéter la même inhalation, et bientôt les phénomènes de l’anesthésie se produisirent d’une manière complète.

Jackson déclare qu’il avait conçu, immédiatement après

(1) Toutes les indications historiques et toutes les pièces originales relatives à la découverte de Jackson se trouvent réunies en : 1° Défense des droits de Ch.-T. Jackson à la. découverte de l^éthérisation, par J. et H, Lord, Paris, 1848. 2.°' Mémoire sur la découverte du nouvel emploi de l’éther sulfurique, par Morton. Paris, 1847.

cet accident, l’idée de la méthode anesthésique en chirurgie. Toutefois c’est seulement quatre ans plus tard, en septembre 1846, que la question est reprise et entre enfin dans une phase décisive. Il paraît que c’est Jackson qui conseilla alors à un dentiste de Boston, nommé Morton, de soumettre ses clients à des inhalations d’éther pour opérer leurs dents sans douleurs. Morton le fit en effet et obtint des résultats très-satisfaisants.

Mais, pour établir l’efficacité de la méthode, il fallait réprouver dans de grandes opérations. Morton alla donc trouver le professeur John Warren, chirurgien de l’hôpital de Boston, qui, deux ans auparavant, en 184i, avait expérimenté le protoxyde d’azote, dans le même but, d’une manière tout à fait infructueuse, sur la proposition et avec le concours d’un autre dentiste, nommé Horace Wels. Il paraît que Morton faisait cette démarche sur le conseil de Jackson. Warren accepta d’expérimenter les effets de l’agent anesthésique dont Morton gardait le secret, et qu’il appliquait lui-même, à l’aide d’un appareil très-simple à deux tubulures, qu’il avait imaginé. Le 17 octobre, Warren opéra une tumeur du cou dans ces conditions sans provoquer la moindre douleur ; le lendemain, un autre chirurgien du même hôpital, Hayward, fit avec le même succès l’ablation d’un sein. Au commencement du mois de novembre, une résection de la mâchoire inférieure et une amputation de cuisse furent pratiquées par les mêmes chirurgiens ou par Bigelow, toujours sans que les malades éprouvassent de douleur. L’anesthésie était définitivement conquise à la pratique chirurgicale.

Le 27 octobre 1846, Jackson et Morton avaient pris

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