ADMINISTRATION DES ANESTHÉSIQUES. Z
il y a une communication entre la bouche et le larynx qui leur permet de respirer par la bouche en même temps que parles narines. Le cheval ne peut respirer que par les narines (1).
Grâce à cette disposition anatomique, l’air atmosphé* rique ne peut pénétrer dans les poumons qu’en traversant les éponges imbibées d’éther, et en se chargeant ainsi d’une forte quantité de vapeurs anesthésiques.
Si l’on voulait élhériser des bœufs ou des moutons, comme ils ne présentent pas la même particularité anato mique que le cheval, et peuvent très-bien respirer par la bouche, il ne suffirait plus d’introduire dans les narines des éponges imbibées d’éther. En effet, une grande partie de l’air qui arriverait dans les poumons aurait passé par la .bouche, sans traverser par conséquent les éponges éthérées. Il en résulterait que l’éther ne pénétrerait pas assez vite dans les poumons en quantité suffisante pour produire une anesthésie rapide et complète. Il est facile d’éviter cet inconvénient, soit en serrant le museau de l’animal avec une corde ou une sorte de muselière, pour l’empêcher d’ouvrir la bouche et de respirer par cette voie, soit en plaçant le museau tout entier dans un appareil analogue à celui que nous allons indiquer pour les chiens, et disposé de manière que l’air qui entre par la bouche, comme celui qui entre par les narines, ait également traversé l’éther ou le chloroforme et se soit chargé de vapeurs anesthésiques.
L’animal que nous employons surtout dans nos expé-
(1) Voy. Cl. Bernard, Leçons sur laphÿsiologie et lu pathologie du système nerveux, t. I, 3« leçon, p. 38.