‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 28 sur 127 · EXHALATION PAR LE POUMON · texte numérisé non relu

EXHALATION PAR LE POUMON

nous reviendrons, que rabsorption la plus activej celle qui est vraiment efface, est celle qui se produit au niveau du poumon: c’est ainsi que l’ivresse alcoolique est produite chez les personnes exposées à des vapeurs d’alcool, quelque peu abondantes que ces vapeurs soient en appa- . rence, comme chacun a pu l’observer chez les ouvriers, chez les vignerons qui transvasent du vin pendant un certain temps.

Pour en revenir à l’exhalation par le poumon, il est facile de prouver directement celle de l’éther lui-même, en injectant de l’éther, de l’eau éthérée bu chloroformée dans la veine jugulaire; l’air expiré par l’animal répand aussitôt une odeur d’éther très-intense, qui ne peut laisser aucun doute sur la réalité de l’exhalation pulmonaire.

Chez la grenouille, comme chez les animaux à sang froid en général, la respiration est beaucoup moins active; l’exhalation pulmonaire subit un ralentissement proportionnel, et elle ne suffît plus à débarrasser le sang, pendant son passage dans les poumons, de tout le chloroforme qu’il contient, d’autant plus que, chez un animal d’aussi petite taille que la grenouille, la quantité de chloroforme injecté sous la peau est toujours relativement fort considérable. Il passe donc dans le système artériel une partie notable du chloroforme que contenait le sang veineux, et, pourvu que l’injection primitive ait été assez considérable, cela, suffît pour agir sur les éléments nerveux sensitifs, lorsque le sang artériel chloroformé les atteint.

Ce que nous observons chez la grenouille se produirait également chez les animaux à sang froid, dont la respi-

ralion est suffisamment lenle. Il n’y a donc, entre la grenouille et les autres animaux sur lesquels nous avons opéré, aucune différence réelle au point de vue de l’action du chloroforme, comme ces expériences auraient pu le faire croire au premier abord. C’est d’une manière analogue que se sont produites bien des erreurs relativement à Taction des poisons sur les différentes espèces d’animaux. On a cru souvent qu’il y avait une différence d’action, alors qu’il y, avait simplement des conditions particulières modifiant ou masquant, dans certains cas, les effets d’une action unique et- toujours constante dans son essence.

On voit en même temps que l’inhalation n’est pas un mode d’administration choisi arbitrairement pour les. substances anesthésiques. Cela tient essentiellement à la nature même de ces agents, qui sont très- volatils. Comme tous les autres modificateurs de l’organisuie, ils ne peuvent agir que dans le système artériel ; or, par suite de leur volatilité, s’ils sont absorbés à un endroit tel que le cours du sang doive les ramener dans les poumons avant d’avoir agi, ils se dégageront dans l’atmosphère.

Le seul moyen d’éviter cet inconvénient, c’est de les introduire par le poumon lui-même. La surface respiratoire joue, en effet, deux rôles antagonistes : c’est à la fois une surface d’absorption et une surface d’élimination pour les matières gazeuses ; c’est donc par là qu’il faut toujours faire absorber les substances gazpuses qu’on veut introduire dans l’organisme, afin qu’elles n’en sortent qu’après avoir parcouru le tour du courant circulatoire et exercé leur action sur les éléments histologiques.

DEUXIÈME LEÇON

SOMMAIRE : De l’absorption. — Infidélité de l’absorption par la surface gastrointestinale. — Nécéssité, au point de vue expérimental et thérapeutique^ d’une absorption rapide et régulière. — Absorption par le tissu cellulaire

sous-cutané. — Par les surfaces séreuses. - Absorption par la surface

pulmonaire. — Expériences sur les animaux. — -Observations chez l’homme. — Usage, en thérapeutique, des principes actifs chimiquement purs et non des extraits. — Conditions particulières qui règlent la quantité de principe actif contenu dans le sang. — Une substance n’agit sur l’organisme qu^ en passant par le sang. — Cette loi vérifiée pour le chloroforme. — Appareil pour la recherche du chloroforme. — Anesthésie locale. — Anesthésie parle froid et par la chaleur. — L’anesthésie n’est pas une asphyxie.

Messieurs ,

Nous sommes arrivés à cette conclusion, que la surface pulmonaire devait être considérée comme le lieu d’élection pour l’absorption des substances volatiles en général, et des anesthésiques (éther et chloroforme) en particulier. Mais, avant d’aller plus loin, il ne sera pas sans intérêt de nous demander si celte loi n’a pas un caractère plus général, et si l’absorption pulmonaire n’est pas également plus avantageuse : nous voulons dire plus rapide et plus sûre, pour les substances liquides ou en solution. Il nous suffira pour cela de passer en revue les différents modes d’absorption, et les conditions particu- / hères qu’ils présentent. Les lieux où peut se produire \ l’absorption sont :

1® La surface gastro-intestinale 5

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