‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 30 sur 127 · ABSOKPTIPN PAR LE TISSU CELLULAIRE · texte numérisé non relu

ABSOKPTIPN PAR LE TISSU CELLULAIRE

(les médecins renoncent-ils de plus en plus aux voies digestives pour l’administration des médicaments exactement dosés, et dont l’action doit se produire au plus vite, tels que les sels de morphine, de strychnine, d’atropine et même de quinine.

Absorption par le tissu cellulaire sous-cutané. — I Les substances injectées sous la peau sont rapidement i absorbées : répandues au milieu des mailles du tissu cellulaire, elles sont en contact direct avec les vaisseaux capillaires sanguins ; elles sont même, d’après les résultats récents de Thistologie, introduites dans les racines du système lymphatique, puisque les mailles du tissu cellulaire sont en communication avec les réseaux d’oçigine des vaisseaux lymphatiques. On voit donc que, quelle que soit la voie par laquelle se fait le transport des substances absorbées , l’injection sous-cutanée s’adresse d’une manière directe aux origines de ces voies vasculaires.

Aussi a-t-on pensé de bonne heure à introduire sous la peau les substances toxiques ou médicamenteuses : c’est ce que nous pratiquons journellement dans nos expériences, procédé qu’ont ensuite adopté les médecins.

Mais, si l’on considère l’absorption à un point de vue général, il est facile de se convaincre que le tissu cellulaire sous-cutané présente sous ce rapport de grandes variétés : ainsi il est, chez certains animaux, extrêmement chargé de graisse, et forme une couche épaisse dans laquelle on ne peut espérer de voir se produire une absorption sûre et rapide. Tel est le tissu sous-cutané du porc. Quelques animaux doivent à cette disposition l’immunité

apparente qu’ils présentent à l’égard de certaines substances, ou de certains venins. Ainsi on dit que le hérisson paraît insensible aux morsures des serpents venimeux parce que la morsure de ceux-ci dépose l’agent morbifère dans une couche de graisse assez épaisse pour que la lenteur de l’absorption soit telle que le poison soit éliminé ou détruit sans s’accumuler dans le sang à dose suffisante pour faire sentir ses effets.

Des différences moins considérables, mais aussi importantes lorsqu’il s’agit d’arriver à une grande précision, se présentent selon les régions auxquelles on s’adresse : ainsi le tissu cellulaire du chien est très- dense, très-serré, et les liquides qu’on y introduit ne se répandent que difficilement dans ses mailles. Il faut, pour agir sur cet animal, s’adresser de préférence au tissu plus lâche du creux axillaire ou du pli de l’aine. Les variétés que l’on rencontre à ce sujet nous ont porté dès longtemps à rechercher un organe dont le tissu cellulaire fût à peu près toujours dans le même état, et c’est pour cela que nous pratiquons toujours nos injections de curare dans un muscle, et par exemple dans le muscle gastrocnémien-. Le poison est absorbé par le tissu cellulaire interposé aux fibres et aux faisceaux musculaires, et dans ces conditions nous sommes assurés, dans l’immense majorité des cas, de ne pas tomber sur un tissu surchargé de graisse, ou présentant, d’un sujet à l’autre, de notables variétés.

ÎLorsque Magendie injectait dans la plèvre les substances dont il étudiait les effets, il s’adressait en définitive à une cavité très-analogue aux mailles de tissu cellulaire, puisque l’histologie tend à démontrer aujourd’hui la plus proche

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