‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 31 sur 127 · ABSORPTION PAH LES SÉREUSES · texte numérisé non relu

ABSORPTION PAH LES SÉREUSES

parenté entre ces mailles et les cavités séreuses. Mais le procédé de Magendie, inapplicable, cela va sans dire, aux manœuvres thérapeutiques , doit être abandonné même en physiologie expérimentale : la manœuvre par laquelle il enfonçait sa canule perce- plèvre dans un espace intercostal présente, en effet, un caractère brutal qui ne répond guère à la précision que nous voudrions donner à toute opération qui a pour but l’absorption : tantôt le liquide injecté est déposé uniquement dans la cavité pleurale; tantôt le poumon est perforé, et le liquide pénètre et dans la plèvre et dans les alvéoles pulmonaires. Quels que soient les résultats de cette nouvelle complication, comme il est difficile de la vérifier sur l’animal vivant, il est évident que les différentes expériences faites par cette méthode ne sont pas exactement comparables, et ce procédé ne satisfait point par suite même aux exigences les plus simples de l’expérimentation.

1 Nous rapprocherons de l’injection pleurale de Magendie les injections intra-veineuses si souvent employées en physiologie sur les animaux et auxquelles la thér^^utique i a eu parfois recours. Ce procédé est en somme exempt de reproches sérieux au point de vue expérimental, surtout quand il est pratiqué par la méthode sous-cutanée et par simple piqûre d’une veine gonflée. Mais rinjectionjntra;;veineuse ne saurait devenir pratique et usuelle en médecine. Aussi, nous plaçant ici au point de vue thérapeutique, ne pouvons-nous citer ce procédé que pour

t mémoire. Il est vrai que l’injection d’eau dans les veines a \été pratiquée sur l’homme à plusieurs reprises et par ^divers médecins ; chez les enragés par Magendie, chez

jles cholériques par d’autres médecins; mais ces opéra- ! lions n’ont lieu que dans des cas exceptionnels et déses- I pérés : l’injection intra-veineuse chez l’homme doit être rapprochée plutôt de la transfusion sanguine ; aussi n’y insisterons-nous pas davantage.

Absorption par la surface respiratoire. — Nous ne parlons pas des gaz et des vapeurs; c’est là le lieu essentiel de leur absorption ; mais nous voulons démontrer que c’est là aussi, pour l’absorption des liquides et des substances actives, non pas seulement une surface favorable, mais la plus favorable de toutes les surfaces de l’organisme.

Il a été d’abord démontré que de grandes quantités de liquide pouvaient pénétrer par la surface pulmonaire : les expériences de Gohier à ce sujet sont bien connues ; il a pu, sans tuer l’animal, injecter à un cheval jusqu’à 32 litres d’eau, qui ont été absorbés. Colin a fait des expériences analogues sur le cheval, et est arrivé à faire ainsi absorber 6 litres d’eau par heure, et à porter l’absorption à 18 litres pendant une expérience qui dura trois heures.

Ce qu’il nous importe surtout de déterminer, c’est moins la quantité du liquide absorbé que la rapidité avec laquelle se produit cette absorption. Sur ce point les expériences ne sont pas moins nombreuses ni moins décisives; celles de Ségalas sont dès longtemps connues ; on sait qu’il a tué en deux minutes des chiens auxquels il injectait par la trachée 3 centigrammes d’extrait de noix vomique dans 60 grammes d-eau (10 centigrammes du même extrait portés dans l’estomac ne produisirent aucun effet).

Nous avons fait nous-même un grand nombre d’ex-

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