‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 37 sur 127 · C. BERNARD · texte numérisé non relu

C. BERNARD

phénomènes s’accompagne-t-elle et comment peut-on la caractériser ?

I On a toujours soupçonné que le sommeil ordinaire était \ en rapport avec certaines modifications de la circulation 1 dans les centres nerveuxi^ L’anesthésie, produisant une sorte de sommeil plus complet, il était naturel de chercher Jà un point de comparaison et d’éclairer ces deux états l’un par l’autre.

Or, qu’esl“Ce que le sommeil naturel lui-même? et de quels phénomènes est-il accompagné ?

Dès l’antiquité, on avait déjà soutenu que le sommeil était produit par l’accumulation, dans le crâne, d’une quantité exceptionnelle de sang qui comprimait la substance cérébrale et interrompait ainsi l’exercice de ses fonctions. La vis ou le pressoir d’Erophile était une figure qui, au fond, ne signifiait pas autre chose que cela ; dans cette manière de voir, le sommeil était donc une hypéréraie du •cerveau.

^ Cette idée semblait toute naturelle , et elle paraissait expliquer, par exemple, pourquoi on se couche horizontalement pour mieux dormir : cela devait faciliter l’accumulation du sang dans le cerveau. Aussi la théorie de l’hypérémie cérébrale resta-t-elle longtemps acceptée sans conteste.

En 1860, un médecin anglais, M. Durham, vint contredire expérimentalement celte théorie, et soutint au :^’*contraire que le sommeil était caractérisé par une anémie du cerveau (1).

(1) Arthur E. Durham, The Physîolo^rj of sléep {Qüy's hospital Reporisj 8® séries année 1860, tome VI, page 149).

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