‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 39 sur 127 · DU SOMMEIL EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU SOMMEIL EN GÉNÉRAL

némie cérébrale pendant le sommeil. En effet, quand un organe est en repos, il contient ordinairement moins de sang que lorsqu’il travaille. C’est ce qu’on a déjà eu occasion d’observer dans beaucoup de cas, et c’est ce que j’ai vérifié moi-même sur certaines glandes, et particulièrement sur le pancréas, qui, rouge et turgescent lorsqu’il fonctionne, est pâle et exsangue dès que la fonction est arrêtée. Or, quand le cerveau dort, il repose, et il est dès lors naturel de supposer qu’il doit contenir moins de sang dans cet état que pendant la veille, où il fonctionne.

On a fait également des expériences pour déterminer l’état de la circulation cérébrale pendant le sommeil anesthésique, et nous venons déjà d’en citer quelques-unes, où l’on avait observé l’anémie du cerveau comme dans le sommeil naturel. Mais d'autres expérimentateurs ont soutenu au contraire qu’il y avait alors congestion ou augmentation de la quantité de sang contenue dans les vaisseaux. .

Si les- expériences sont contradictoires; si, dans les unes, on trouve de l’hypérémie, et, dans les autres, de l’anémie, il faut bien que ces deux états existent quelquefois dans le cerveau sous l’influence des anesthésiques, ll s’agira donc d’expliquer dans quelles conditions cela peut exister, et de savoir s’il y a une cause d’erreur possible.

Nous avons vu que, dans certains cas, l’anesthésie pouvait s’accompagner de symptômes d’asphyxie et de troubles qui suspendent la respiration, surtout au premier moment de l’administration de la substance anesthésique :

alors il y a certainement congestion du cerveau ; mais si l’asphyxie cesse et que l’anesthésie survienne, alors il y a pâleur et anémie dans l’anesthésie comme dans le sommeil. Ce qui revient à dire que, dans l’anesthésie, il y a anémie du cerveau ; seulement elle peut être ou non précédée de phénomènes congestifs. Mais, en dehors de ces cas, qui tiennent à une complication particulière, quand l’anesthésie se produit seule, elle amène toujours une anémie du cerveau. On peut donc expliquer, ainsi qu’on le voit, les deux résultats contradictoires en les rattachant à des conditions différentes et à des périodes successives de l’expérience .

D’ailleurs, il faudrait bien s’entendre sur ces deux phénomènes, anémie ou hypérémie, car ils pourraient coïncider l’un et l’autre avec l’anesthésie asphyxique ou avec l’anesthésie chloroformique simple.

Que fauMl en effet pour qu’il y ait anesthésie? Que les nerfs sensitifs cessent leurs fonctions. Or, en admettant qu’il y ait anémie cérébrale, on pourra dire que la sensibilité disparaît, parce qu’il n’y. a plus assez de sang dans le cerveau pour exciter l’origine centrale des nerfs sensitifs. Au contraire, s’il y a hypérémie du cerveau, les cellules centrales, d’où partent les nerfs sensitifs, peuvent se trouver d’abord trop fortement impressionnées et produire une excitation passagère; mais, s’il en résulte des troubles respiratoires, que le sang stagne et n’aille plus s’hénïatoser dans les poumons, il deviendra impropre à exciter les fonctions nerveuses, et l’anesthésie en sera aussi la conséquence. C’est en s’appuyant sur ces faits qu’on a prétendu que l’anesthésie était simplement une

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