INFLUENCE SUR LA DIGESTION
L’autre pigeon, en tout comparable aü précédent, reçoit, le 6 juin, dans l’estomac, deux centimètres cubes de la solution normale d’opium, la température rectale
était de . 43“
Le 7 juin (jabot plein) ; température. . 42“
. Le 8 juin le Jabot renferme encore quelques graines ; on fait une nouvelle injection de 2 centimètres cubes, 5 d’opium, la température rectale est de . . . . . 42“
Le 9 juin. . . 42“,2
Le 10 juin . 42“,2
Le 13 juin le pigeon meurt spontanément; il meurt
d’inîuiition ; l’opium, loin de faire vivre l’animal plus longtemps, semble donc avoir, produit un effet inverse puisque ce pigeon a vécu deux jours de moins.
Passons maintenant à l’analysé physiologique des différents principes actifs de l’extrait d’opium. On trouve dans l’opium un assez grand nombre de corps divers, généralement alcalins ou alcaloïdes ; six sont très-bien déterminés, mais il y en a, en outre, quelques autres encore mal définis, et dont, pour cette raison, les propriétés physiologiques n’ont pas été caractérisées jusqu’ici. Voici la liste des six alcaloïdes principaux de l’opium avec leur composition chimique : .
Morphine . C3<Hi9Az0®-|-2aq
Codéine . . . AzO®+2aq
Thébaïne . . . C38g-2iAz06
Papavérine . C<9B2i^08
Narcotine. . . .
Narcéine . C^^H’^SAzOï®
Dans ce tableau nous rangeons ces six alcaloïdes de l’opium suivant l’ordre qui met en évidence les rapports
de leur composition chimique, sans avoir aucun égard à leurs propriétés physiologiques.
Nous avons vu précédemment que l’opium en masse a une action physiologique narcotique, c’est-à-dire qu’il amène un engourdissement analogue à celui du sommeil. Cependant parmi les six alcaloïdes, qui sont ses principaux éléments actifs, trois seulement sont narcotiques, la morphine, la codéine et la riarcéine. Les trois autres ne manifestent jamais aucune propriété narcotique, à quelque dose qu’on les administre.
Parmi ces trois dernières substances, la thébaïne est toxique et donne lieu à de véritables convulsions. C’est surtout à la présence de ce corps que sont dues les propriétés spécialement toxiques de l’opium. En effet, l’opium brut n’est point particulièrement toxique par les substances narcotiques qu’il renferme. On peut déterminer la dose d’opium qui est toxique pour un animal ; et, si l’on donne ensuite à un animal semblable une dose égale de morphine, de codéine ou de narcéine, on constate que cette dose nele tue pas, bien qu’on opère ici avec des substances pures,, tandis que l’opium contient beaucoup d’impuretés tout à fait inertes. Voici quelques expériences démonstratives à ce sujet.
Expérience. — Sur un chien de moyenne taille, on injecte dans la trachée 2 centimètres cubes de solution concentrée de chlorhydrate de morphine (1 décigramme de sel). Il en résulte au bout de 10 à 15 secondes une stupéfaction complète. Cependant l’animal pousse un petit cri plaintif à chaque expiration. (On lui donne du chloroforme par inhalation, le cri cesse et ne reparaît, plus