LES ALCALOÏDES
lorsque l’effet du chloroforme se dissipe et que l’animàl redevient sensible.)
Le lendemain, le chien étant à jeun, on lui injecte dans la trachée 2 centimètres cubes de la même solution concentrée de chlorydrate de morphine. Il n’y a cette fois qu’un narcotisme léger. Une demi-heure après cette injection, on en fait une autre de 2 centigrammes, encore dans la trachée : on obtient un narcotisme.plus prononcé, mais bien moins complet que le premier jour. — Un peu plus tard on injecte dans la veine jugulaire de cet animal 15 centimètres cubes d’une solution d’extrait d’opium au 10“®. Cris, mouvements violents, roideur des membres, mort subite.
Ces effets comparatifs sont surtout visibles chez les oiseaux, et il semble que l’opium est un poison plus actif pour les pigeons que pour les autres animaux.
Expérience. — 5 centim. cubes d’une solution d’opium sont injectés sous la peau d’un pigeon en divers points. L’animal meurt en quelques minutes après avoir manifesté de l’engourdissement et des convulsions tétaniques.
Un pigeon jeune reçoit sous la peau, dans les aines, un décigramme d’extrait gommeux d’opium dans un centimètre cube d’eau ; après 5 minutes il commence à en ressentir les effets, et en moins de 10 minutes, à dater de l’injection sous la peau, la mort arrive avec des convulsions.
Un autre pigeon, du même âge et de la même force, reçoit comparativement w/z décigramme de chlorhydrate de morphine sous la peau, dans les aines ; l’animal n’éprouve aucun effet toxique, pas même un effet soporifique.
11 nous faudra donc déterminer avec soin, dans les ac-
Mil ANESTHÉSIQUES.
tions toxiques, convulsivantes et soporifiques de l’opium, quelle part revient à chacun de ces éléments. Nous pourrons alors obtenir isolément chacun de ces effets, et produire plus spécialement l’action soporifique que nous devons utiliser en physiologie comme moyen de contention. Pour faire ces recherches, de même que pour obtenir ensuite l’effet connu d’avance, comment faudra-t-il employer ces substances ? Chez les animaux comme chez l’homme, il faut les administrer à l’état de sel soluble, généralement de chlorhydrate. Nous nous servons le plus souvent d^’une dissolution de 5 grammes de chlorhydrate de morphine ou de narcéine dans 1 00 grammes d’eau. Lorsqu’il fait froid, le sel ne se dissout pas à cette dose et la liqueur reste trouble ; mais elle devient très-claire à 15 dedrés, et, au besoin, on peut toujours la rendre limpide en la chauffant, si la température ne s’élève pas jusque-là.
Un centimètre cube de cette solution suffit ordinairement pour endormir un jeune chien. Nous disons un jeune chien, parce qu’il y a de grandes différences sous ce rapport entre les animaux jeunes et vieux; les jeunes sont beaucoup plus sensibles à l’action de la narcéine ou de la morphine, et nous avons vu qu’ il en est de même, dans l’espèce humaine. On ne doit donner que des -'doses très-légères quand on opère sur de jeunes animaux. Nous verrons d’ailleurs que les espèces animales présentent aussi de grandes différences relativement à leur impressionnabilité aux actions soporifiques des alcaloïdes de l’opium.
Nous administrons d’ordinaire les solutions de ces substances en injections sous-cutanées, avec une seringue