‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 49 sur 127 · ADMINISTRATION DE SES ALCALOÏDES · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DE SES ALCALOÏDES

à vis, qui permet de les doser exactement et dont la canule piquante pénètre avec une grande facilité dans les tissus.

Quant au point qu’il faut choisir pour administrer la morphine ou la narcéine, nous n’avons pas à désigner un lieu d’élection aussi précis que pour le chloroforme, qu’on ne peut introduire utilement que par les poumons. Cependant il n’est pas indifférent d’introduire les substances soporifiques à un endroit quelconque. Dans tous les cas, nous pouvons dire que l’estomac, qui est la voie la plus usitée, est cependant la plus mauvaise de toutes.

Chez les chiens, quand on a fait prendre un narcotique par l’estomac, on manque le plus souvent l’effet qu’on voulait obtenir : en effet, lorsque la dose est forte, l’animal vomit presque toujours et l’expulse avant qu’elle ait été absorbée; lorsqu’elle est faible et peut être tolérée, elle ne suffit pas à produire un état convenable pour les expériences qu’on voulait tenter.

f- On peut administrer la morphine par le rectum, en la- [ vement; l’absorption se produit alors assez vite et l’on obtient le sommeil de l’animal. Mais ce n’est pas encore un très-bon moyen : d’abord il est assez incommode et d’une exécution peu rapide ; puis il se trouve souvent dans le rectum des matières fécales au milieu desquelles la morphine se répand en les imprégnant, ce qui ralentit beaucoup son absorption, et l’empêche même pour la plus grande partie, parce qu’elle se trouve bientôt expulsée dans la défécation avec les matières qu’elle imprègne.

I ’ La véritable méthode, c’est rinjection sous-cutanée- Cette voie est excellente pour administrer les médica-

ments, non pas seulement chez les animaux, mais aussi chez l’homme.

La méthode des injections sous-cutanées exige des quantités de médicaments beaucoup moins considérables parce que l’absorption est plus rapide et plus sûre ; elle a donc encore pour elle l’avantage de l’économie, qui n’est pas à dédaigner lorsqu’on emploie des médicaments chers ou qu’on opère sur de grands animaux, comme le font souvent les vétérinaires.

Mais pour faire des injections sous-cutanées, il faut employer des substances pures, cristallisées. Quand on se sert d’extraits, on provoque le plus souvent des abcès à l’endroit où l’injection a été faite. Cela tient à ce que les extraits contiennent toujours des matières étrangères fort nombreuses, telles que des matières sucrées, par exemple, qui fermentent peut-être sur place. Au contraire, avec des substances cristallisées puis dissoutes dans de l’eau distillée, on n’a plus aucune impureté, et je n’ai jamais vu arriver le moindre accident dans ces conditions.

11 y a encore une autre surface d’absorption excellente, c’est la surface des membranes séreuses et la surface f- pulmonaire. L’absorption y est bien plus prompte encore I que dans le tissu cellulaire sous-cutané, comme Magendie I l’avait observé déjà et comme je l’ai vérifié depuis. J’ai ‘ constaté en outre que le tissu ou la surface sécrétoire des glandes absorbait également très- vile.

Pour les poumons, cela se comprend fort bien et nous avons déjà longuement insisté sur ce fait (voy. p. 72). Le ^ médicament se trouve placé là plus près des organes sur

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