DU SANG
expérimentale physiologique, physique et chimique. Nous verrons que c’est à ce triple point de vue qu’il faut toujours considérer les phénomènes de la vie. Nous nous bornerons à dire tout d’abord que le sang est le théâtre de toutes les actions vitales et qu’il mérite, en conséquence, la principale attention de la part des médecins. C’est dans le sang, en effet, que nous devons trouver les conditions de la vie de tous les tissus et de tous les organes. C’est dans le sang que pénètrent toutes les substances nutritives, médicamenteuses ou autres absorbées par diverses voies. — C’est enfin sur ce fluide vital le plus important que doivent porter les recherches que j’aurai à vous exposer dans le cours de ces leçons.
Dans l’étude du sang il faut non-seulement examiner le rôle général qu’il joue dans les . phénomènes de la vie, il faut indiquer les moyens d’investigations que la science expérimentale possède aujourd’hui, pour analyser les propriétés de ce liquide à l’état physiologique et à l’état pathologique. Non-seulement l’analyse expérimentale est indispensable dans l’étude du sang, mais encore faut-il la pousser assez loin pour pouvoir se rendre compte des différents états dans lesquels il peut se présenter. On ne saurait en effet considérer le sang comme un fluide partout homogène. ïl ne suffit plus de distinguer le sang en sang artériel et veineux, mais il faut différencier et caractériser le sang veineux de chaque organe. Le sang artériel n’est en définitive que le sang veineux du poumon. 11 est vrai que dans le poumon, le sang se charge d’oxygène nécessaire à la vie de tous les organes ; mais il serait également vrai de dire que chaque organe doit fournir au sang
SANG VEINEUX ET SANG ARTÉRIEL. I l
quelque élément spécial nécessaire aux autres organes ; car ce liquide n’est au fond qu’un produit de sécrétion organique.
Tout ce que nous dirons sur le sang se rapportera spécialement au sang des animaux supérieurs et particulièrement au sang de l’homme, auquel nous devons constamment faire allusion, quand rl s’agit d’un cours de médecine humaine.
Pour définir le sang d’une manière générale, nous djrons que nous considérons ce liquide conime un véritable milieu que tous les organes concourent à former ef dans lequel ils vivent. Les anciens avaient déjà observé que le sang était indispensable à notre existence; mais ils avaient cherché l’explication de ce fait dans un principe subtil que renfermait le sang, l’âme, le principe vital, les esprits animaux, etc. Aujourd’hui, la physiologie en est arrivée à voir, ainsi que nous l’avons dit, qu’il fallait chercher les causes immédiates des phénomènes vitaux uniquement dans les propriétés des différents tissus ou liquides du corps vivant.
Cette analyse des propriétés vitales du sang doit être poussée aussi loin que nos moyens d’investigation nous' permettent de le faire en ce moment. C’est dans les propriétés de ce liquide que nous trouverons, d’une part les causes de la vie, et d’autre part, celles des troubles survenus dans l’économie, par suite des modifications qu’éprouve l’un ou l’autre de ses éléments.
Les études faites par les anciens sur le sang leur avaient déjà fait reconnaître qpelques-unes de ses propriétés. Le sang offre une couleur rouge caractéristique