COULEUR DU SANG
chez l’homme et les animaux supérieurs, qu’on a appelés à cause de cela animaux à sang rouge. Mais, comme nous l’avons déjà dit, le sang est en réalité un milieu intérieur pour les organismes cellulaires élémentaires ; car la vie de l’organisme total ne saurait être comprise aujourd’hui que par la vie cellulaire des éléments des tissus. Comme tous les milieux propres à entretenir la vie, le sang doit c^ènif de l’eau, avoir un certain degré de chaleur, une œftaihe réaction. Mais si toutes ces propriétés du milieu intérieur doivent sans doute être constantes, ellès'^ne sauraient être absolument fixes, comme quelques pbysiolo^sfës'ÏÏu médecins ont paru le croire ; elles oscillent dans des limites qu’il importe beaucoup au physiologiste de connaître, ainsi que vous pourrez en juger par ce qui va suivre.
La couleur du sang, par exemple, est très-variable : je vous ai dit que, pour Galien, il existait déjà deux sortes de sang, l’un rouge, le sang artériel, et l’autre noir, le sang veineux. Rien ne paraissait mieux établi que cette distinction, et Bichat Ta consacrée en appelant le système veineux de la grande circulation, système à sang noir, et le système artériel, sytème à sang rouge; cependant cette distinction est tout à fait empirique, et il serait souvent très-difficile de reconnaître la provenance d’un sang uniquement à sa couleur.
Haller a beaucoup insisté sur les variations de couleurs que peut présenter le sang veineux dans les saignées pratiquées chez l’homme, et il va jusqu’à dire que la couleur rouge n’est pas toujours due à l’action du poumon.
Dans l’état normal comme dans l’état pathologique, le
COULEUR DU SAING.
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sang veineux des organes peut être tantôt rouge, tantôt noir. J’ai montré qu’il y a un organe dont le sang veineux à l’étaf physioîôgiquë est à peu près toujours rcmge : c’est le rein. Le sang des glandes sous-maxillaires est tantôt rouge, tantôt noir, et j’ai fait voir que le sang des glandes est toujours rouge pendantla fonction glandulaire, et noir pendant le repos de l’organe.
C’est gonr cette raison que le sang veineux est toujours rouge dans le rein, attendu que dans cet organe la sécrétion est continue, condition qui n’existe pas pour la plupart des autres glandes où la sécrétion est intermittente.
Pour le système musculaire, c’est l’inverse des glandes. Pendant la contraction, le sang veineux est noir; lorsque le muscle est en repos relativement, le sang est presque rouge. Enfin, si le repos est absolu (le nerf étant coupé par exemple), le sang veineux est alors parfaitement rouge.
Ces faits, résultats d’expériences bien positives, prouvent que le sang veineux peut affecter diverses couleurs; aussi j’ai fait observer depuis longtemps que si l’on veut faire une étude approfondie du sang, il faut l’examiner non-seulement dans les différents organes, mais' encore sous les divers états que ces organes peuvent affecter, c’est-à -dire à l’état sain et à l’état malade, dans l’état de repos, dans l’état de fonction. Ce n’est qu’en effectuant des recherches dans toutes ces conditions et en suivant cette marche, qu’il sera possible d’espérer rendre compte exactement des diversités et de la complexité des phénomènes de la vie.
Passons maintenant à une autre propriété physique du
UAZ DU SANG.
sang, sa température. Tout le monde sait que cette chaleur propre du sang est indispensable à la vie. Chez les animaux à sang chaud, cette chaleur a sa source au sein même de l’organisme. Les anciens l’avaient déjà constaté, niais ils la rattachaient, comme nous l’avons vu, à une chaleur innée se développant dans le cœur, dans le ventricule gauche : c’était une sorte de force vitale-, telle était l’opinion émise par Galien, Cette chaleur innée a été abandonnée lorsque sont nées les théories nouvelles sur la respiration qui rattachent la production de la chaleur animale à cette fonction. Nous savons que la respiration a été considérée par Lavoisier comme une vraie combustion. Toutefois, je crois que la plupart des phénomènes de l’organisme doivent plutôt rentrer dans des actions attribuées à des fermentations. Mais cela est du reste indifférent pour la question qui nous occupe, parce que dans les deux cas il se développe toujours de la chaleur.
Lavoisier, et ceux qui avaient partagé ses théories, avaient pu penser que le foyer de la chaleur animale était le poumon, là où l’oxygène se met en contact avec le sang, ettiué la il donnait lieu à la combustion respi-’ ratoire. Mais c’est en réalité dans les tissus et dans le sang que se font les phénomènes chimiques respiratoires. Dans le poumon, c’est surtout un phénomène physique d’échange de gaz qui a lieu entre l’atmosphère extérieure et l’atmosphère organique intérieure représentée par le sang.
D’après la théorie de la combustion pulmonaire, le sang artériel devait être plus chaud que le sang veineux. C’est une erreur d’interprjétalion qui a longtemps subsisté.