ROLE DU SANG
toxique ou morbiflque, mais simplement parce qu’on leur a enlevé le milieu intérieur dans lequel ils trouvent les conditions de leur vitalité.
Si quelqu’un venait après cela vous dire : le sang n’est pas absolument indispensable à la vie, et sa soustraction n’amène pas nécessairement une mort immédiate, vous répondriez aussitôt que cela ne se peut. Et cependant cette seconde proposition est également vraie : il est possible d’en réaliser en effet les circonstances ; bien plus, ces circonstances se présentent quelquefois d’ellesmêraes dans quelques états pathologiques, ainsi que je vais essayer de vous le démontrer.
Chez l’homme bien portant en effet, de même que chez les animaux supérieurs à l’état normal, la soustraction du sang amène immédiatement la mort, et elle la produit plus vite chez l’adulte que chez l’enfant (1). Mais si nous descendons l’échelle animale, nous voyons bientôt que la mort ne survient plus aussi vite à la suite de la soustraction du sang : dans d’autres conditions, on observe encore ce même ralentissement, et cela lorsque les tissus se sont trouvés quelque temps exposés à un refroidissement préalable.
Le sang nourrit les tissus et leur donne leurs propriétés spéciales; mais la dénutrition, c’est-à-dire la disparition
(1) Cette mort est d’autant plus rapide, que la soustraction de sang est plus complète. Ainsi dans le procédé d’Esmarch, dont nous avons parlé précédemment (voy. p. 273, remarque 1), la mort locale du membre arrive plus vite que la même mort locale après une saignée générale à blanc ; c’est que ce procédé amène l’anémie la plus complète que l’on puisse effectuer ; après une saignée, au contraire, les capillaires, les petits vaisseaux retiennent toujours une certaine quantité de globules et de plasma.