‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 83 sur 127 · ANCIENNES EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

ANCIENNES EXPÉRIENCES

Mais si les critiques de Troja s^’appliquent bien aux expériences de Portai, il est juste de dire qu’il n’a pas été plus heureux que lui dans la découverte de la vraie cause de la mort dans l’asphyxie par la vapeur de charbon, quand il la rattache aux lésions nerveuses. ^

En résumé les anciens expérimentateurs n’ont pas connu les vraies lésions organiques qui causent la mort par le charbon. Leurs expériences n’étaient encore que des tâtonnements dans un sujet obscur qui a besoin de nouvelles connaissances afin de pouvoir être convenablement éclairé.

Mais il ne fallait pas, ainsi que nous l’avons dit en commençant, seulement chercher la raison de la mort dans les lésions organiques, il était nécessaire aussi de la chercher dans l’agent toxique qui l’a produite, c’est-à-dire dans la vapeur de charbon elle-même. Ce n’est que par la connaissance de ces deux ordres de causes, qui se trouvent en conflit, que le mécanisme de la mort pourra être bien compris.

: On a reconnu en effet depuis longtemps qu’il existait dans la vapeur qui résulte de la combustion du charbon ides propriétés toxiques et susceptibles de donner la mort. On s’est demandé naturellement quel était le produit qui pouvait se former dans ces conditions, ou en d’autres termes quelles modifications pouvait subir l’air par son passage sur du charbon incandescent. On a émis deux opinions principales pour expliquer ce phénomène, qui se rapportent l’une à une altération physique, l’autre à une altération chimique de l’air.

Quant à l’opinion qui touche à l’altération physique de

Tair, on a supposé que la combustion du charbon faisait perdre à l’air son élasticité et qu’il était raréfié. Cette opinion remonte à Erasistrate, et Galien la combat en disant que l’air, loin d’être raréfié, est au contraire plus dense ; mais de ces opinions, il n’y avait aucune preuve.

L’idée de la raréfaction de l’air s^est conservée cependant presque jusqu’à notre époque, et Priestley a cherché à la démontrer par une expérience exacte en ellemême, mais faussement interprétée. Priestley semblait avoir prouvé que l’air était raréfié quand le charbon brûle dans un espace limité : il avait en effet suspendu un morceau de charbon sous une cloche placée sur l’eau, et, ayant enflammé ce charbon au moyen d’une lentille, il vit l’air se raréfier et l’eau s’élever d’une certaine quantité dans l’intérieur de la cloche. Toutefois, Priestley aurait bien pu expliquer autrement la cause de cette raréfaction, car il avait vu dans cette combustion du charbon la formation d’une certaine proportion d’acide carbonique qui troublait l’eau de chaux.

Troja parle aussi de cette raréfaction de l’air, mais pour la combattre et pour dire que même si elle existait elle ne serait pas ici la cause véritable de la mort dans l’asphyxie par le charbon ; car, dit-il, si l’on fait cesser cette raréfaction, on devrait voir cesser en même temps les phénomènes qui en résulteraient. Or, ce n’est pas le cas, dit-il : à cet effet, il modifie la caisse exactement close dans laquelle il asphyxie ses animaux, et dans laquelle on pourrait admettre qu’il y a de l’air raréfié provenant de la combustion du charbon; il perce la caisse d’un trou communiquant à l’extérieur, et si la raréfaction de l’air

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