HISTOIRE ET CRITIQUE
vH «V'
thodiques. '^’est, comme on le sait, le fondateur de la clinique en France.
Ensuite, on. a expérimenté sur des animaux vivants pour chercher à se rendre compte de la mort dans l’asphyxie qui nous occupe. Mais cette question n’a pas été résolue du premier coup, et elle ne pouvait l’être. En effet, il faut, pour arriver à cette explication, que toutes les sciences auxiliaires, dont le concours est indispensable à l’explication de ces phénomènes, soient elles-mêmes assez avancées pour pouvoir donner à cette étude un secours utile; elles ne l’étaient pas à cette époque, et l’on donnait le nom de mofettes à une foule de vapeurs les plus diverses, telles que le gaz provenant de la combustion du charbon, l’air impur provenant de la respiration, le gaz provenant de la combustion du soufre, l’air des fosses d’aisances, et enfin les parfums des fleurs auxquels on attribuait certaines propriétés délétères spéciales étaient aussi compris sous cette même désignation.
Or, la chimie est une science toute nouvelle et qui ne date que de Lavoisier. Les progrès de la chimie d’une part, ceux de la physiologie d’autre part et ceux de l’anatomie, sont venus, par leur concours, permettre d’arriver maintenant à une explication certaine de ce genre de mort. Déjà aujourd’hui la solution est à peu près complète, et cela, comme vous le verrez, nous le devons surtout aux progrès de la chimie et de la physiologie.
La première condition nécessaire pour déterminer l’action d’une substance toxique, c’est de l’avoir isolée et de la connaître de façon à pouvoir toujours la retrouver avec ses caractères propres.
Pour comprendre l’asphyxie par la vapeur de charbon, il faut donc, avant tout, faire l’élude des produits principaux de la eombustion du charbon, et examiner le rôle de ehacun d’eux dans l’acte de l’asphyxie ; il faut, en outre, tenir conjpte de l’action de la chaleur qui est dégagée dans cette combustion.
Nous éliminerons tout d’abord l’action que peut avoir la température produite par le fait même de la combustion, et dont le premier effet est d’échauffer l’air respiré : nous verrons que la part qui peut lui être affectée dans la mort par asphyxie est nulle ; enfin nous étudierons, pris en euxmêmes et isolément, les gaz résultant delà combustion du charbon, afin de bien observer ee qui revient à chacun d’eux dans la production des phénomènes toxiques.
Ces gaz sont au nombre de trois principaux :
En 'première ligne, nous citerons Y acide caî^bonique. Van Helmont l’avait déjà reconnu et désigné sous le nom de gaz sylvestre; le premier il a indiqué et constaté sa présence dans la combustion du charbon, en constatant qu’il est délétère et impropre à la respiration. Il a indiqué, de plus, que ce gaz est un produit constant de la fermentation vineuse.
Les deux autres gaz , que nous aurons à étudier comme produits de la combustion du charbon sont Yoxyde de carbone et \ hydrogène carboné.
Si nous voulons faire l’histoire complète des phénomènes qui accompagnent l’asphyxie, afin d’arriver ensuite à l’explication réelle et raisonnée de la mort qui en est la conséquence, nous devons, ainsi que je vous l’ai déjà dit, procéder d’abord analytiquement, et passer suc-