‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 91 sur 127 · AUTOPSIES ET EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

AUTOPSIES ET EXPÉRIENCES

qu’il y a à faire dans les expériences physidlo^qués 1^’ autopsies immédiatement après la mort. C’est la seule nté-^ thode possible à.sii ivre si l’on veut arriver sûrement â lâ= connaissance exacte des propriétés physiologiques ûês’ différents trssus et de l’action des substances toxiqûes.sür l’économie.

C’est donc la marche que nous suivrons dans nos ré*^ cherches et que nous appliquerons à l’étude de l’asphyxie' par la vapeur de charbon.

Notre méthode est une méthode générale; c’est la même que l’on doit toujours employer, quelle que soit la substance toxique dont on veuille étudier l’action. C’est la méthode des éléments organiques, comme je vous l’ai déjà dit : elle revient, comme vous savez, à rechercher avec tous les moyens d’investigation que la science nous fournit aujourd’hui l’élément des tissus sur lequel la substance toxique ou morbide a primitivement porté son action. I^Maintehant nous allons mettre cette méthode en pratique pour l’oxyde de carbone, car dans la question qui nous occupe, c’est l’action toxique de ce gaz qui est enjeu. Noos allons donc faire des expériences sur des animaux, soit avec de la vapeur de charbon, soit avec de l’oxyde de carbone pur, et nous chercherons aussitôt après la mort si les propriétés de quelque élément de tissu n’auront pas été modifiées.

Il faut, en outre, ajouter que dans ces expériences il ne sera pas indifférent' d’opérer de préférence sur certaines espèces animales : il en est, en effet, qui sont plus ou moins impressionnables à l’action de l’oxyde de carbone. De tous les animaux, ce sont les oiseaux que èe gaz

affecte le plus rapidement. Viennent ensuite les mammifères : les animaux à sang froid, enfin, sont presque insensibles à cette action toxique, surtout pendant la saison d’hiver. Nous examinerons, du reste, par la suite, quelle action l’oxyde de carbone exerce sur les animaux invertébrés qui, comme on le sait n’ont pas de globules rouges dans leur sang. Enfin, l’oxyde de carbone exerce-t-il une action aussi rapide sur tous les animaux d’une même race quel que soit leur âge? le plus jeune sera-t-il plus impressionnable ou le sera-t-il moins que le plus vieux? les animaux à jeun et en digestion sont-ils également atteints? Nous ignorons à priori toutes ces choses; l’expérience seule peut y répondre, et ce sont des questions qui intéressent à la fois le physiologiste et le médecin.

Voici un lapin que nous venons d’asphyxier au moyen de l’oxyde de carbone pur, afin d’agir dans les meilleures conditions possibles. Il est mort très-rapidement, avec les symptômes ordinaires : maintenant il ne respire plus, il est dans une résolution générale, mais il est encore tout chaud. Les éléments organiques sont encore pourvus de leurs propriétés ; faisons l’autopsie de l’animal et constatons ces propriétés. J’incise la peau de l’abdomen et je la détache des tissus sous-jacents, vous voyez aussitôt l’animal faire des mouvements réflexes violents qui ne sont pas autre chose qu’une réaction sur les nerfs moteurs des nerfs sensitifs, que j’irrite mécaniquement. Donc, les nerfs de la sensibilité ne sont pas atteints ; ils sont restés intacts de même que les nerfs de mouvement. L’oxyde de carbone n’affecte pas les muscles eux-mêmes, car ces trois ordres de tissu; ont été mis en jeu dans la production

KXPÉniENCES ET AUTOPSIES.

des mouvements réflexes. En résumé, l’oxyde de carbone laisse intacts tous les tissus composant les organes de la vie de relation. A l’aide de l’électricité, on a, du reste, un moyen très-commode de constater la persistance des propriétés physiologiques des muscles et des nerfs.

Examinons maintenant les organes de la vie de nutrition, à savoir le sang et les glandes diverses, cherchons sur lequel de ces éléments s’est portée l’action du gaz toxique. Or, d’après ce que nous avons déjà vu et d’après ce que vous constatez sur ce lapin, nous avons des présomptions pour penser que le sang a été affecté par l’oxyde de carbone. En effet, vous pouvez immédiatement reconnaître que le sang de ce lapin est uniformément rutilant dans toutes les parties du corps, ce qui n’est pas le cas normal ; les tissus eux-mêmes qui en sont injectés sont aussi très-rouges : le foie est évidemment d’un rouge plus vif que de coutume : il en est de même des poumons ; la rate seule semble conserver une teinte plus livide.

Cette coloration plus vive de tous les tissus est certainement un indice de modification produite dans le sang sous l’influence de l’oxyde de carbone; mais nous ne devons cependant pas nous contenter de cette apparence et en rester là.

En effet, je vous ai déjà fait voir que la couleur du sang était si susceptible de varier suivant les organes et suivant une foule de circonstances, que nous ne pouvons nous contenter de ce caractère.

11 faut donc étudier en détail les propriétés physiologiques du sang et voir si quelques-unes d’entre elles pré-

sentent des modifications capables de nous rendre compte de l’action toxique de l’oxyde de carbone. Cette étude jphysiologique et pathologique, car on peut ici lui donner les deux noms, il faut bienH’avouer, est chose moins facile à faire que celle des nerfs et des muscles, qu’il suffît .d’esxciter à l’aide d’un excitant électrique ou mécanique quelconque. Notre étude exigerait une connaissance parfaite des propriétés physiologiques du sang, et elle nécessite des moyens d’investigation plus complexes em- ^pruntés à la chimie et à la physique.

; , C’est toujours, ici comme partout, la physiologie qui :doit nous servir de point d’appui dans nos explications .pathologiques ; et si la physiologie n’est pas bien établie elle-même, nos déductions pathologiques ne pourront avoir aucune solidité.

Quelle est donc la fonction principale que le sang est chargé de remplir dans l’organisme?

- Une des principales fonctions du sang est d’absorber l’oxygène de l’air, de 'le transporter dans l’économie, pour y, remplir un rôle que nous ne connaissons que très-imparfaitement, mais qui est indispensable à l’entretien de la vie. Nous savons encore que, parallèlement à cette absorption d’oxygène, il doit y avoir expulsion au dehors de l’acide carbonique produit par la combustion organique intérieure. — Or, dans cet échange continuel de gaz, les globules du sang jouent un rôle capital ; et chez les animaux à sang chaud, 'ce sont des organes de perfectionnement de l’appareil respiratoire. Ils n’existent d’ailleurs que chez les animaux vertébrés.

. .. Il s’agit donc de savoir si cette fonction 'se trouve mor

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