‹ Leçons sur les anomalies de la réfraction et de l'accommodation suivies de l'examen du sens chromatiques et du champ visuel faites à la Faculté de Médecine de Bordeaux [electronic resource]Chapitre 18 sur 30 · ETUDE DE L IMAGE RENVERSEE · texte numérisé non relu

ETUDE DE L IMAGE RENVERSEE

L'image renversée de la papille est plus grande que cette papille. La proposition n'aura plus besoin de démonstration après l'examen de la figure suivante :

Flg. 19. — Image renversée.

de l'image, G

Emmétropie. — Grandissement

Le grossissement est le rapport de a' V l'image, a a b l'objet. Les deux triangles a G 5 et ay o b' sont semblables, d'où l'équation suivante :

On peut remplacer o «' par F la longueur focale de la lentille et C a par la longueur constante et on a

a il' a i<

= — ou grossissement G — ? ?

Le grossissement de l'image renversée est évidemment variable avec la même lentille selon les divers états amétropiques de l'œil. En effet, si l'œil est

myope, la lentille L de la figure 49 forme l'image renversée en deçà de son foyer puisqu'elle recevra de l'objet éclairé a b des rayons convergents.

Ainsi o a' c'est-à-dire F diminuera de valeur dans la formule. D'autre part dans la myop'e? est plus grand que dans l'emmétropie, le grossissement de l'objet éclairé, la papille par exemple, est donc moins considérable chez le myope que chez l'emmétrope.

Un raisonnement semblable montre que dans l'hypermétropie, on observe le phénomène inverse, le grossissement augmente parce que F est plus long et <p plus court.

Toutefois, il ne faudrait pas croire qu'il y ait entre ces diverses images renversées du myopa, de l'emmétrope et de l'hypermétrope une très grande différence. L'image de l'hypermétrope est généralement elle même assez petite pour que Donders ait conseillé de la regarder avec une lentille convexe considérée comme loupe. Cet examen est évidemment très possible puisque l'image renversée est réelle et qu'il est facile de l'examiner avec un verre grossissant.

La situation de l'image renversée à la loupe peut servir à diagnostiquer l'état amétropique de l'oeil, et ce diagnostic prendra le caractère objectif, c'està-dire qu'il sera absolument indépendant du malade et de ses réponses.

Par la méthode de Donders, par l'optomètre, on obtient des indications de la plus grande valeur; mais elles sont évidemment subordonnées à la bonne volonté et même, jusqu'à un certain point, à l'intelligence du malade, tandis que l'examen objectif de l'image renversée et de l'image droite fournit au praticien des données d'une exactitude absolue, à la

condition que cet examen soit fait avec toutes les précautions désirables.

Il est certain que l'image renversée peut être reçue sur un écran et d'après la position que, pour la recevoir, l'écran devra occuper par rapport à la lentille, on appréciera l'état de la réfraction statique de l'œil observé.

Si l'œil est emmétrope, il faudra de toute nécessité que l'écran soit placé exactement au foyer de la lentille L; s'il est hypermétrope, l'écran devra être au-delà du foyer; et chez le myope, au contraire, cet écran sera placé entre le foyer et la lentille.

Un seul tube peut contenir la lentille convexe et l'écran mobile; les déplacements de l'écran étant marqués sur la paroi externe du tube, l'observateur après avoir constaté la production de l'image n'aura qu'à lire sur ce tube le résultat de l'examen.

Snellen, Landoit, Loiseau et Warlomont out fait des expériences et construit des instruments basés sur ce principe.

Il n'est pas possible de méconnaître que ce procédé repose sur un principe excellent, et l'ophthalmoscoptomètre de Loiseau devrait, semble-t-il, être d'un usage très répandu; il n'en est rien cependant, et cela est dû aux difficultés pratiques de l'examen. L'éclairage de l'œil par le miroir rejaillit sur l'écran qui reçoit une image trop affaiblie; lorsqu'on place le miroir entre la lentille et l'écran, il faut qu'il soit transparent, et l'éclairage de l'œil en souffre. Ce procédé de détermination objectif est en somme peu pratique, et malgré les efforts des oculistes belges on lui préfère les moyens dont nous allons maintenant parler.

La lentille à long ou à court foyer n'est pas nécessaire à la production des images du fond de l'œil; on

peut aussi obtenir des images avec le simple éclairage, par l'emploi du miroir réflecteur. En se plaçant dans les conditions que nous dirons bientôt, on obtieat ainsi une image droite du fond de l'œil. L'importance do cette image droite est très grande. Quand on a l'habitude de la rechercher et de la percevoir, on est en possession du meilleur mode d'examen objectif.

Mais l'éclairage de l'œil par le miroir simple ne produit pas que des images droites ; dans la myopie on peut aussi, par le simple réflecteur, obtenir une image renversée, réelle, aérienne, qui nous est d'un très grand secours pour le diagnostic de cette affection.

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