ACCIDENTS NERVEUX
maladies de l'estomac, l'obscurcissement de la vue, l'iiémiopie, la diplopie, la faiblesse du muscle droit interne de l'œil, les hallucinations de la vue silencieuses et solennelles; l'engourdissement partiel et passager des membres, d'un bras, d'une jambe; — la contracture des extrémités des mains, signalée par Kûssmaul, Dujardin-Beaumetz, Hanot, Hayem, et dont j'ai observé récemment un exemple. J'ai vu une malade qui, à deux heures du matin, se réveillait en sursaut, angoissée, avec une contracture des mains, contracture qui s'étendait jusqu'aux bras et aux épaules ; cet état durait depuis cinq semaines. Je constatai chez elle une dilatation de l'estomac, et prescrivis le régime approprié; la nuit suivante, elle n'eut pas sa crise, elle ne l'eut pas les nuits ultérieures, tant qu'elle observa son régime. Un jour elle y manqua; la nuit même, la contracture des mains reparut. Elle a disparu définitivement depuis, grâce à l'observance continue d'une meilleure hygiène.
J'ai signalé encore l'aphasie transitoire, une fois la syncope mortelle, — des troubles de l'innervation vasculaire,la sensation de deux ou trois doigts morts, — les palpitations, la rougeur de la face trois heures après les repas, la fausse angine de poitrine, — les sueurs nocturnes localisées à la tête, au cou, au thorax. Je signalerai encore après Chantemesse et Le Noir les névralgies intercostales bilatérales.
Tous ces phénomènes peuvent être, à la rigueur, considérés comme réflexes. Mais il en est d'autres qui découlent de métamorphoses anormales de la matière. Ceux-là, comment les expliquer, sinon par une intoxication?
Outre les accidents nerveux qui sont à tort ou à raison considérés comme réflexes, j'ai constaté, chez les gens dont l'estomac est dilaté, des accidents du côté de la nutrition générale et des troubles des émonctoires.
J'ai dit que ce sont en général des malades frileux; ils ont cependant des sueurs faciles, nocturnes, ou diurnes, et après le moindre exercice, une promenade à pied sur un terrain uni, après avoir monté deux étages. Ces sueurs ont une odeur fade ou aigre, de pain moisi, disent quelques-uns des malades.
DERMATOSES, URTICAIRE 175
On note chez eux l'eczéma 13 fois sur 100, le pityriasis présternal ou capitis, le pityriasis versicolor.
L'urticaire n'est pas rare chez les dilatés. Or, Turticaire, bien qu'elle ne passe pas pour une maladie d'intoxication, et qu'on ne la signale pas fréquemment au cours des maladies infectieuses, a été constatée empiriquement pendant les indigestions et les embarras gastriques. On l'a vue succéder à l'ingestion des moules, de certains poissons avariés, de coquillages divers. Ne sont- ce pas là toutes causes toxiques? L'urticaire a été observée souvent après la ponction du kyste hydatique du foie; on l'a attribuée, en pareil cas, à l'introduction d'une partie du liquide kystique dans le péritoine et à sa pénétration ultérieure dans les voies lymphatiques; ce serait là encore une sorte d'intoxication. C'est à tort qu'on a mis en cause exclusivement l'action du péritoine. Etant chef de clinique, j'ai vu une jeune fille atteinte d'un kyste hydatique, pour lequel Béhier avait conseillé l'ouverture large du foie au moyen de cautérisations successives suivant la méthode de Récamier; afin de faire naître des adhérences avec la paroi abdominale, on avait, grâce à la pâte de Canquoin, pratiqué comme une sorte de tunnel dans le tissu hépatique. On arriva à un kyste de volume si minime qu'on crut qu'il y avait des kystes multiples et qu'on dut recourir alors à des ponctions faites dans le fond du tunnel. Il s'écoula seulement quelques cuillerées d'un liquide nettement hydatique, dans lequel des crochets furent raicrographiquement constatés. On pousse alors plus loin et on voit s'écouler un jet de sang rouge, venu d'une branche de la veine-porte. Cependant le seul accident fut une éruption universelle d'urticaire. Il est évident que la pénétration du liquide kystique s'était faite directement dans le sang, et que c'est là un cas d'urticaire nettement toxique sans l'intermédiaire du péritoiue.
Je pense d'ailleurs que l'urticaire est souvent d'ordre toxique, comme d'autres éruptions congestives avec élevures du derme, les éruptions quiniques qui peuvent revêtir les formes érythémateuse, scarlatiniforme ou papuleuse, comme une variété d'érythème copaïhivique, comme l'exanthème de la belladone.