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DILATATION ET FIÈVRE TYPHOÏDE

héréditaire. Il est certain que dans une même famille la dilatation de l'estomac existe chez plusieurs personnes sans qu'on puisse invoquer pour l'expliquer une communauté de désordres hygiéniques. Il en est de l'estomac comme du scrotum, habituellement rétracté chez certains individus, flasque chez d'autres, par débilité musculaire native.

Enfin la débilité du muscle de l'estomac peut être le résultat d'une dégénérescence morbide. L'étude des dégénérescences de la tunique musculaire a été faite pour l'intestin par Blaschko, Sasaky, Nothnagel, Schleimpflug. Ils ont vu l'atrophie être le résultat de la dégénérescence graisseuse de la tunique musculeuse consécutive elle-même aux maladies inflammatoires de la muqueuse, à l'intempérance ou à une intoxication habituelle (alcool), à des lésions du système nerveux intestinal et central, enfin aux maladies infectieuses.

Ces causes sont probablement applicables à la débilité de la musculeuse gastrique. Après la fièvre typhoïde, elle existe; plus souvent elle existe dès le début et même avant le début de la maladie. Il n'est pas rare que la fièvre typhoïde se développe chez des gens dont l'estomac était déjà dilaté. J'ai vu dans le cours de ces deux dernières années douze cas intérieurs de fièvre typhoïde dans mon service d'hôpital, c'est-à-dire survenant chez des malades en traitement pour une autre maladie, douze fois il s'agissait de malades atteints de dilatation de l'estomac. On pourrait poser la question de savoir si la dilatation n'a pas préparé l'introduction de l'agent infectieux; je me contente pour le moment de la constatation empirique du fait. Le plus grand nombre des malades qu'on traite dans les hôpitaux pour la fièvre typhoïde portent des nodosités des deuxièmes articulations qui prouvent que la dilatation était antérieure.

Si telles sont les causes variées qui peuvent prendre part à la dilatation de l'estomac, quelles ressources leur connaissance peut-elle fournir à la thérapeutique éliologique? Pas grandchose, sauf deux notions. S'il existe habituellement un état de dyspepsie antérieure, aggravée récemment, il y aura avantage

d90 STIMULATION DU SYSTÈME NERVEUX

à lutter contre cet état dyspeptique pour permettre à l'estomac de se rétracter. Si le système nerveux peut augmenter larétractilité de ce qui reste de fibres musculaires valides, les stimulations générales pourront indirectement donner des résultats avantageux; elles ne guériront pas, mais elles aideront à la curation. On peut stimuler directement les extrémités nerveuses de la paroi gastrique par les amers simples et les amers convulsivants. On peut s'adresser au système nerveux général dans ses expansions cutanées et périphériques; on peut pres- , crire les frictions sèches, aromatiques, le changement d'air, l'habitation des hauteurs, l'air marin. Il faut enlever les soucis, les préoccupations, procurer la distraction par les voyages et les occupations qui plaisent. La distraction est particulièrement nécessaire pendant les repas, qu'il est bon de faire en compagnie agréable; ce sont de petits moyens, mais dont l'utilité n'est pas contestable.

On tirera bénéfice de la douche froide, chaude, écossaise, faite avec l'eau naturelle, sulfureuse, salée. Qu'on ne demande pas comment une douche cutanée peut faire remonter l'estomac ; il s'agit d'améliorer la fonction. Avec un mauvais outil, un bon ouvrier peut faire d'assez bon travail.

Les bains sulfureux, salés, bains de mer, bains froids, bains de Plombières, peuvent être utilisés.

Je ne crois guère à l'influence favorable de l'électricité, malgré quelques résultats dont on a fait grand bruit; on publie d'abord les cas heureux, on oublie de signaler les autres.

Les inhalations d'oxygène font quelquefois du bien ; elles rendent l'appétit, stimulent la digestion.

Enfin et surtout, il faut se préoccuper de l'hygiène alimentaire. Celle-ci comprend l'ensemble des moyens qui peuvent faire digérer rapidement et empêchent ainsi le séjour des aliments dans l'estomac. On pourrait la résumer dans l'axiome suivant : il faut que l'estomac soit distendu le moins possible, le inoins souvent, le moins longtemps possible.

Il faut d'abord bien mâcher; par conséquent certaines répa-

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