RÉGIME ALIMENTAIRE
de huit heures entre le deuxième et le troisième. Ainsi le premier repas sera pris par exemple à sept heures et demie, le second à onze heures et demie du matin, le troisième à sept heures et demie du soir.
Les malades devront ne rien prendre en dehors des repas et résister avec énergie aux impulsions de la faim et de la soif, quand même cette résistance leur causerait une souffrance et malgré le soulagement momentané que paraîtrait leur donner la satisfaction de ces besoins. On obtiendra souvent des malades cette résignation pénible quand on leur en aura fait comprendre clairement la nécessité et qu'on aura fait briller à leurs yeux l'espoir d'une guérison définitive et absolue.
Les repas seront pris lentement et la mastication sera assez patiente pour réduire les aliments en purée.
Il faut insister sur l'interdiction des aliments liquides qui diluent le suc gastrique et des graisses qui soustraient à l'action de celui-ci les substances alimentaires sohdes, insister aussi sur l'utihté de ne manger que peu de pain.
Le premier déjeuner sera peu copieux : un œuf à la coque, des fruits cuits ou des marmelades, pas de pain ni de boissons.
Au deuxième repas conviennent les viandes froides assez cuites, les viandes chaudes, mais braisées, de préférence aux rôtis saignants, des purées de viande, des poissons bouillis, des œufs peu cuits, des œufs préparés au lait, du lait en quelque sorte solidifié, des pâtes, du riz préparés au lait, ou au bouillon, ou au jus de viande, des purées de légumes considérées à tort comme augmentant la dyspepsie flatulente, des fromages, des compotes de fruits.
Comme fruits frais , trois seulement seront permis : les fraises, les pèches et le raisin; je ne sais pourquoi ils sont mieux digérés que les autres par les dyspeptiques, mais je vous indique le fait au nom de l'expérience. Les autres fruits ne seront tolérés que cuits.
L'important chapitre des boissons se résume dans l'indication de ne pas boire au premier repas, ni en dehors des repas; et de ne boire à chacun des deux principaux repas qu'un verre
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et demi, chaque verre comprenant 250 grammes (l/i de litre). Dans la saison d'été, pour les malades qui suent copieusement, on pourra faire fléchir quelque peu la règle afin de compenser la déperdition de liquide. La boisson sera de préférence l'eau pure; l'alcool doit être évité, parce qu'il donne naissance à de l'acide acétique. Mais, nos habitudes répugnant à l'usage de l'eau pure, on conseillera l'addition à l'eau d'un tiers de bière ou d'un quart de vin blanc. On repoussera le vin rouge, qui contient trop d'alcool et trop de tannin, ainsi que l'infusion de thé.
On a dit faussement que ce régime, ainsi formulé, était le régime sec, déjà indiqué par Chomel. Mais tout le régime, pour Chomel, se bornait à la suppression des liquides. Le mien se propose de satisfaire à trois indications : obtenir que la distension gastrique soit faible, rare et courte.
Pour répondre à la première, je veux donner une alimentation suffisante sous le plus petit volume possible. Je modère l'usage de l'eau et parce qu'elle tient de la place et parce qu'elle dilue le suc gastrique. Chomel a vu la dyspepsie des liquides qui est réelle, et qui peut coïncider avec certains cas de dilatation de l'estomac, mais non avec tous ; mais la dyspepsie des liquides n'est pas la dilatation de l'estomac.
La deuxième indication exige que les repas soient rares. • La troisième est remplie par l'usage d'aliments solides, faciles à digérer et très finement divisés pour que la surface de digestion soit plus étendue. J'exclus les aUments facilement transformables en acide acétique ; c'est pourquoi je réduis l'alcool au minimum et je supprime le pain ou je ne le tolère que transformé en croûte ou grillé.
Ce régime, tel que je viens de le formuler, suppose encore une assez grande puissance digestive. Dans un certain nombre de cas, ni la viande ni les végétaux farineux ne sont digérés. Que choisir alors? Le régime sec? Non, mais le régime lacté, à la condition de l'instituer suivant les préceptes posés par Cruveilhier pour le traitement de l'ulcère de l'estomac, à doses fréquentes et aussi petites qu'il le faut pour que la digestion en