ANTISEPSIE GASTRO-INTESTINALE
nécessaire de suralimenter? Je ne le crois pas. Elles ont sans doute l'avantage d'être très divisées, mais elles restent cependant difficiles à digérer, parce qu'elles sont nauséeuses. Or, on ne peut s'affranchir de la connivence du système nerveux dans le cure des maladies de l'estomac : le malade qui avale avec dégoût ne digère pas. Il vaudrait mieux, au besoin, permettre de la pulpe très fine de viande cuite.
Pour empêcher les fermentations excessives que la dilatation de l'estomac favorise, nous devons recourir à la méthode antiseptique. Beaucoup d'antiseptiques sont à notre disposition. La créosote, qui a été employée depuis plus de trente ans dans les dyspepsies acides surtout, — l'iodoforme, la naphtaline échouent très souvent parce qu'ils entravent l'appétit; — l'acide salicylique à dose suffisante pour être vraiment antiseptique provoque des troubles nerveux; le salicylate de bismuth, moins soluble, est aussi moins actif.
L'eau chloroformée est meilleure; l'eau oxygénée est bonne, mais ce qui vaut mieux encore, c'est l'acide chlorhydrique qui empêche les fermentations anomales et active la digestion physiologique. Aucune fermentation n'est possible dans un liquide qui contient pour 1000 parties l^'^jlO d'acide chlorhydrique anhydre équivalant à 3&%30 d'acide chlorhydrique fumant du commerce. La liqueur que j'emploie est une solution ainsi formulée :
Acide chlorhydrique famant pur " 4 grammes.
Eau 1000 —
Elle n'est, en général, ni désagréable ni irritante. Elle n'est un peu douloureuse que chez quelques malades, les cancéreux surtout, ou ceux qui ont des ulcérations portant sur la grande courbure. On peut la donner à un seul repas à la dose de quelques gorgées au milieu, ou d'un verre à la fin. On peut donner jusqu'à 750 grammes de cette solution en dehors des repas. Quand la digestion n'est pas terminée trois ou quatre heures après le repas, il faut venir au secours de l'estomac en remplaçant ses sécrétions épuisées.