IMPORTANCE DE L'ÉTAT DES REINS DANS L'ICTÈRE
j'ai constaté que Turine ictérique tue à 10 et même 7 centimètres cubes par kilogramme d'animal.
D'autre part, les fibres du tissu conjonctif fixent le plus important des poisons de la bile, la matière colorante. Les tissus en se colorant soustraient à la circulation une part de plus en plus considérable de ce poison, et exercent peu à peu une sorte de pouvoir de condensation.
Cependant, malgré cette double protection, on observe dans les ictères même bénins les traits d'une ébauche d'intoxication : le ralentissement du pouls, le prurit culané, les hémorrhagies nasales et l'amaigrissement rapide.
Si le rein devient moins perméable, les conditions d'intoxication augmentent. Or, le rein est souvent insuffisant dans l'ictère, souvent pour une cause indépendante de l'ictère et antérieure à l'ictère.
Des néphrites peuvent survenir qui aggravent la maladie, néphrites qui résultent souvent de la cause même d'où l'ictère dérive, cause infectieuse. Le foie peut aussi devenir malade, comme la rate et le rein, parce que des agents infectieux s'y sont fixés. Enfin l'imperméabilité du rein peut être la conséquence de l'ictère même qui altère ses cellules épithéliales.
La conséquence de l'imperméabilité du rein est la rétention des matières colorantes et des sels biliaires. L'imprégnation biliaire des globules rouges, des cellules hépatiques, des fibres musculaires, des cellules épithéhales, des membranes vasculaires détermine dans les protoplasmas de tous ces éléments des modifications destructives. La désassimilation est plus rapide ou s'opère suivant des procédés anomaux. La destruction des éléments cellulaires se fait en totalité ou par dégénérescence graisseuse. On voit diminuer le nombre des globules qui sont gonflés et sphériques. Le sérum renferme l'hémoglobine dissoute, non modifiée. Le cœur altéré dans sa structure perd de son énergie, ses battements sont d'abord plus lents, puis plus faibles et plus fréquents.
Alors le foie peut s'atrophier. L'atrophie du foie est le caractère de l'une des maladies à ictère, mais ne lui appartient pas