‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladiesChapitre 16 sur 227 · QUATRIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LEÇON

(14 avril 1885) DE LA TOXICITÉ DES IJRI]\ES.

Admise de tout temps par les médecins, la toxicité de l'urine n'a été démontrée que récemment.

Cl. Bernard, Frerichs ont posé la question.

Étude isolée de quelques éléments toxiques de certaines urines : Gabriel Pouchet.

Étude de la toxicité de l'urine prise dans son ensemble. Conclusion négative: Muron, — Conclusion positive : Feltz et Ritter, Bocci, Schiffer. — Etude sur certaines urines pathologiques : Lépine, Dupard, Guérin.

Expériences personnelles sur la toxicité de l'urine normale injectée en masse par voie intra-veineuse. — Réponse à certaines objections faites contre cette méthode. — Choix du lapin comme animal réactif.

Phénomènes physiologiques consécutifs à l'injection intra-veineuse d'urine normale : myosis, accélération de la respiration, torpeur, polyurie, hypothermie par diminution de la calorification ; survie ou mort suivant la dose injectée. Discussion sur les causes possibles de la mort.

Détermination de l'unité de toxicité. Urotoxie, coefficient urotoxique.

Toxicité différente des urines sécrétées pendant la veille et pendant le sommeil.

Nous avons dit que, si l'orgaDisme fabrique des poisons et pourtant ne s'empoisonne pas, c'est parce que le foie en arrête une partie et que le reste est éliminé. La sauvegarde de l'économie réside dans un organe d'arrêt et dans des émonctoires. Nous avons admis cette idée à titre d'hypothèse, mais nous avons reconnu la nécessité de vérifier expérimentalement cette vue de l'esprit, si vraisemblable qu'elle nous parût.

Parmi les démonstrations possibles, nous avons choisi celle qui consiste à prouver que les émonctoires déversent vraiment à l'extérieur des substances toxiques, que les produits excrémentitiels sont toxiques. A cause de diverses raisons qu'il est

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inutile de rappeler, nous nous sommes adressé, pour vérifier la toxicité des produits excrémentitiels , à ceux qu'élimine le rein, et nous avons adopté l'injection intra-veineuse comme méthode expérimentale.

Les urines sont-elles toxiques? — A cette question on a répondu de tout temps affirmativement, si bien qu'on s'est habitué à ne plus même la poser. Sur cette idée indiscutée a été bâtie la théorie de l'urémie. L'urine est toxique; donc, lorsqu'elle cesse d'être sécrétée, l'organisme s'empoisonne. C'est là une notion qui est, on peut le dire, dans la conscience médicale ; mais, vraisemblable à coup sûr, elle réclame une démonstration.

Cl. Bernard a fait surgir la question, puis Frerichs s'en est emparé. Médecins et physiologistes ont après eux cherché à l'envi quelles sont les matières auxquelles l'urine doit sa toxicité, ammoniaque, urée, etc. Dans toutes ces recherches ce n'est pas de l'urine elle-même qu'il est question, mais de certaines matières qu'on y trouve ou qui s'y développent par suite de modifications catalytiques, le carbonate d'ammoniaque par exemple. C'est l'étude de quelques substances toxiques de l'urine qu'on a abordée ainsi d'abord, et non celle de la toxicité de l'urine en nature.

On a incriminé les matières colorantes, odorantes et volatiles, les matières minérales, la potasse en particulier. Elles sont toxiques sans doute, mais elles ne constituent qu'une part de la toxicité des urines.

M. Gabriel Pouchet a trouvé dans les urines normales des alcaloïdes, chimiquement semblables aux alcaloïdes toxiques.

En 1882, j'ai extrait de certaines urines, provenant de malades atteints de maladies infectieuses, des alcaloïdes avec lesquels j'ai pu produire expérimentalement la dilatation pupillaire, l'accélération des battements du cœur, effets physiologiques qui les rapprochent de l'atropine. Mais il s'agissait là d'alcaloïdes anormaux ou du moins extraits des urines de gens malades.

C'est par des cheminements incessants, quoique dans des

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