VALEUR DU BACILLE-VIRGULE
point que les corps savants ne se prononcent sur la nature des accidents que d'après l'extension et la propagation, on trouve des microbes identiquement conformés.
Contre la réalité de la valeur pathogène des microbes-virgules, on a fait valoir que, n'existant que dans l'intestin, ils ne pourraient causer si rapidement de si graves désordres généraux. Mais il peut se faire que ces organismes fabriquent une substance toxique, qui, une fois absorbée, va impressionner toutes les cellules de l'économie.
D'autres observateurs, M. Emmerich à Vienne, M. Doyen ici, pensent d'ailleurs avoir trouvé des microbes pathogènes dans dès viscères. M. Emmerich, qui dit les avoir vus, n'y a pas reconnu le bacille-virgule. M. Doyen, à défaut d'une constatation directe sur les coupes, invoque des cultures faites dans des bouillons stérilisés avec des fragments de foie et de reins où le microscope n'avait pas montré l'existence du microbe; ces cultures auraient reproduit le bacille-virgule.
Tout cela ne constitue que des présomptions. Je veux bien que le bacille-virgule soit un microbe spécial aux cholériques, et pourtant on l'aurait trouvé dans la salive de gens non cholériques. Mais quelles conclusions peut-on tirer de la constatation de ce microbe ?
On le cultive, mais avec les cultures on ne réussit pas à reproduire la maladie. Ce qu'on n'a pu obtenir avec les déjections mêmes des cholériques, l'obtiendraii-on avec l'agent infectieux supposé du choléra, cultivé, isolé, et n'emportant avec lui aucun atome de l'organisme du malade? Dès 1865 et 1866, on a cherché à déterminer le choléra expérimental avec les sueurs, les vomissements, les déjections des cholériques. On a réussi à tuer les animaux, probablement en leur communiquant certaines septicémies, mais non à reproduire la maladie cholérique^ et on croit y réussir en inoculant les arrière-petitsneveux des microbes issus des matières qui ne donnent pas le choléra !
On a pensé que l'échec de Texpérimentation résultait d'un mauvais procédé d'introduction des organismes pathogènes Bouchard. Auto-inioxications. IS