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CHOLÉRA EXPÉRIMENTAL

dans l'intestin, parce qu'on n'écartait pas Taction protectrice du suc gastrique, dont l'acidité ferait obstacle au développement des microbes. Or, c'est à tort qu'on répète depuis 1832 que la purée cholérique est toujours neutre ou alcaline; je l'ai trouvée acide. L'acidité du liquide intestinal était faible, mais réelle au moment de la mort. Ce fait est en contradiction avec la prétendue protection qu'exercerait le suc gastrique.

D'ailleurs, si les animaux ne prennent jamais le choléra quand on leur introduit dans l'estomac des matières cholériques, comment se fait-il que la maladie s'introduise par la voie gastrique chez les hommes, qui ont aussi un suc gastrique acide? Ils ne l'ont plus, il est vrai, quand ils sont cholériques; mais, avant d'être devenus cholériques, ils l'avaient.

Lorsqu'on fait pénétrer directement les agents supposés cholérigènes dans le duodénum, en supprimant l'action de la bile par la hgature du cholédoque (Nicati et Rietsch), alors on détermine des accidents qui ressemblent à ceux du choléra ; et, comme on trouve à l'autopsie des cholériques la vésicule biliaire distendue, comme on ne trouve pas de bile dans l'intestin, on explique par la suppression de la sécrétion biliaire le développement du choléra chez l'homme. Mais c'est parce que l'homme a le choléra qu'on trouve chez lui la suppression de l'excrétion biliaire.

De l'examen de toutes les opinions qui ont été émises et de toutes les expériences qui ont été faites, j'arrive à conclure que la preuve de la transmissibilité du choléra aux animaux n'est pas encore donnée; on a pu les faire mourir de péritonite quelquefois, de septicémie ou d'une intoxication, mais non du choléra.

YINGT-NEUYIEME LEÇON

(27 juiQ 18S5) CHOLÉRA (suite).

Objections à la valeur pathogénique du bacille-virgule. — Introduction du microbe par la voie hypodermique : les inoculations de M. Ferran. — Recherches expérimentales relatives à la valeur pathogénique du bacille-virgule. — L'antisepsie intestinale n'empêche pas les accidents cholériques. — Recherche d'un poison dans les déjections des cholériques, dans leurs tissus et leurs sécrétions. — Les injections intra-veineuses d'urines de cholériques aux animaux reproduisent la plupart des symptômes du choléra.

Dans l'étude critique que j'ai faite de la pathogénie du choléra, j'ai examiné les prétentions du bacille de Koch. J'ai soulevé diverses objections capables de diminuer la confiance qu'on aurait pu avoir en sa valeur.

Le seul argument sérieux en faveur de l'opinion de Koch est la présence dans la deuxième portion de l'intestin des cholériques d'organismes spéciaux, qu'on ne trouve ni dans l'intestin des gens bien portants, ni dans celui des hommes atteints d'autres maladies, la présence de ces organismes dès le début des accidents cholériques en quantité souvent considérable et à l'exclusion quelquefois de tout autre microbe dans le tube digestif. En dehors de cette constatation empirique, qui ne constitue qu'une présomption, tous les autres arguments qu'on a invoqués sont illusoires.

La démonstration désirable était d'obtenir l'organisme suspect à rétat de pureté, et, par son introduction chez un être sain, de reproduire la maladie cholérique. On n'avait cru possible de tenter cette expérience que sur des animaux. Or, les animaux ne contractent pas cette maladie. Ils ont toujours été

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