TOXICITÉ DES EXTRAITS ALCOOLIQUE ET AQUEUX D'URINE
La toxicité diffère suivant les individus qui ont fourni les urines. Celle de chacun des extraits est moindre que celle de l'urine totale. Leur modalité toxique est différente.
Ainsi la solution d'extrait sec des matières solubles dans l'alcool produit la somnolence, le coma profond, la diurèse; elle ne provoque pas une diminution notable de la calorification (la faible quantité de calorique perdue équivaut seulement à la mise en équilibre de température de la quantité de liquide nécessaire pour injecter l'extrait); elle ne détermine pas le myosis; mais, chose nouvelle, elle détermine la salivation^ une salivation de trois quarts d'heure, au moins égale à celle que produit le jaborandi.
Yoilà un fait au premier abord inexphcable. Comment une partie de l'urine peut-elle produire ce que ne produit pas la totalité? — Il faut probablement, pour faire saliver, une quantité déterminée de la matière sialogène soluble dans l'alcool, et il n'existe qu'une quantité insuffisante de cette matière sialo-
le résidu est l'extrait soluble dans l'alcool. Le résidu des lavages à l'alcool repris par l'eau représente les matières de l'urine insolubles dans l'alcool. Cette solution aqueuse du résidu insoluble dans l'alcool occupe un volume de 48 centimètres cubes. Il est introduit par injection intra - veineuse chez un lapin pesant 1610 grammes.
A partir du 12° centimètre cube, l'animal est pris de convulsions toniques avec redressement de la tête.' Ces convulsions disparaissent rapidement, dès qu'on interrompt l'injection.
A 42 centimètres cubes, l'animal est pris d'une convulsion tonique violente avec opisthotonos, tremblement vibratoire; il meurt.
A aucun moment il n'a présenté de contraction de la pupille, excepté aussitôt après la mort.
Température avant l'injection, 39°, 2.
Température au moment de la mort, 38°, 6.
Les accidents ont commencé à se produire à partir de 31 grammes d'urine par kilogramme, et la mort est survenue quand on a eu injecté l'extrait insoluble de 108 grammes d'urine.
Injection inira-veineuse de l'extrait alcoolique d'urine norjnale. Mort,
H novembre 1884, — Des 200 grammes d'urine traités comme
gène dans la quantité d'urine totale qui suffit à amener la mort.
Expérimenté à son tour isolément, l'extrait des matières INSOLUBLES BANS l'alcool produit lo myosis^ comme l'urine en nature, et la convulsion, qu'on n'obtient jamais avec l'extrait des matières solubles dans l'alcool et qu'on obtient exceptionnellement avec l'urine totale. Les convulsions sont un phénomène plus tardif, il faut une plus grande quantité d'extrait insoluble dans l'alcool pour déterminer la convulsion que pour faire contracter la pupille. On observe en outre la diminution de la calorification. Mais on n'obtient ni le coma, ni la diurèse, ni la salivation.
Ainsi nous sommes conduits à admettre la pluralité des matières toxiques de l'urine. La tendance qu'on a eue à assimiler l'intoxication par les urines à celle que produisent certains alcaloïdes n'est pas justifiée. La muscarine par exemple
il a été dit dans l'expérience précédente, on prend l'extrait soluble dans ralcool. Cet extrait, contenant S^^OO d'urée, est dilué dans de l'eau distillée de manière à avoir un volume de 39 centimètres cubes. L'urée s'y trouve donc au l/10^ On injecte 33 centimètres cubes de cette solution dans les veines d'un lapin qui pèse 18'ÎO grammes.
On voit la pupille se rétrécir rapidement. Dès le lO-^ centimètre, elle est notablement rétrécie; à partir de ce moment, son diamètre oscille, mais jusqu'à la fin de l'injection elle reste moins large qu'à l'état normal. A ce point de vue. cette expérience est exceptionnelle. D'ordinaire la pupille se contracte plus par l'extrait aqueux que par l'extrait alcoolique.
L'animal n'a pas de convulsions, mais il tombe graduellement dans un état de somnolence, reste immobile, couché sur le tlanc. Sa pupille se dilate graduellement et devient très large. Pendant cet état comateux, le lapin salive et urine abondamment.
La température initiale, qui était de 39°, 4, tombe en quelques minutes (10 au plus) à 38°. 8.
Dans cette expérience, la contraction de la pupille était manifeste sous l'intlaence de l'extrait soluble de 27 grammes d'urine pour t kilogramme.
Les derniers accidents ont correspondu à l'injection de l'extrait soluble de 90 centimètres cubes d'urine par kilogramme.
12 novembre. L'animal est mort dans la nuit.
Rien de spécial à l'autopsie.