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PRÉDISPOSITION MORBIDE PAR DTATHÈSES

De même les réactions nerveuses empruntent presque toujours le concours d'un autre processus pathogénique. Toute excitation nerveuse, le froid, le choc moral ou traumatique, peuvent produire la syncope, l'épistaxis, la diarrhée, la polyurie : ce ne sont pas là des maladies; la maladie réelle, quand elle est provoquée par réaction nerveuse, suppose — sauf les cas où l'intensité de la stimulation est excessive et ceux où le système nerveux est anormalement excitable — suppose, dis-je, une détérioration préalable de l'organisme.

Chez qui un coup de froid détermine-t-il un coryza ou une bronchite? Chez tout le monde, me direz-vous. — Soit, mais surtout chez ceux dont la santé est altérée habituellement ou actuellement, chez les diathésiques surtout, arthritiques ou scrofuleux. Et vous verrez cette réaction nerveuse passagère produire chez eux des effets durables : le coryza est tenace, les bronchites sont opiniâtres. La maladie arrivera bien à l'occasion d'une réaction nerveuse; mais c'est la détérioration préalable de l'organisme qui facilitera son explosion et qui, souvent, la rendra persistante et chronique. Chez l'homme non diathésique, momentanément affaibli ou indisposé, la maladie résultant de la stimulation nerveuse ne sera pas moins préparée par un trouble de la nutrition, mais ce trouble n'est que transitoire : c'est l'opportunité morbide, courte diathèse des auteurs du siècle dernier. Les hommes fatigués par des excès de travail ou de plaisir, soumis à des circonstances déprimantes, sont frappés de véritables accidents morbides à l'occasion d'excitations nerveuses insignifiantes, qui n'auraient rien produit chez des hommes parfaitement sains.

Bien souvent, la maladie provoquée par un réflexe nerveux, même la maladie a frigore^ est une maladie infectieuse. Et nous n'avons pas seulement, dans ce cas particuher, un nouvel exemple de l'association de deux processus pathogéniques différents; nous y trouvons l'adjonction d'un troisième facteur. En effet, la réaction nerveuse ne saurait créer l'infection : elle ne peut agir qu'en rendant cette infection possible, qu'en amoindrissant les défenses que l'organisme sain oppose naturellement

aux microbes, qu'en modifiant la nutrition au point de constituer un milieu chimique favorable à la culture des organismes végétaux. La réaction nerveuse amène le trouble passager de la nutrition; celui-ci, à son tour, ouvre la porte à l'infection toujours imminente, à des germes toujours présents, qui ont sans doute à remplir dans la nature un autre rôle, mais qui, destinés à détruire la matière morte, sont capables aussi de détériorer la matière vivante quand ils la trouvent préparée. C'est peut-être là l'histoire pathogénique de l'angine, de la pneumonie, du rhumatisme.

Si la réaction nerveuse, en viciant momentanément la nutrition , peut produire l'opportunité morbide , elle peut aussi modifier la nutrition d'une façon durable et engendrer la diathèse : ce sera la diathèse acquise. Mais la diathèse acquise une fois constituée peut être transmissible héréditairement. Et si vous remontez à son étiologie, soit chez l'individu, soit chez ses ascendants, vous reconnaîtrez facilement qu'elle a eu pour origine la mise en jeu anormale des réactions nerveuses. Qu'une mauvaise hygiène alimentaire, le froid et l'humidité, la privation d'air et de lumière rendent un enfant scrofuleux, et que la permanence des mêmes causes entretienne chez lui ce trouble nutritif que nous désignons sous le nom de diathèse scrofuleuse; ou qu'un jeune homme, par des écarts hygiéniques, par les abus de table, par les veilles incessantes, par les excès génitaux, par les secousses nerveuses qui peuvent être la conséquence de tout dérèglement de l'esprit, comme aussi de tout surmenage cérébral, réalise cet autre trouble nutritif que nous désignons sous le nom d'arthritisme : chez tous deux, chaque cellule aura une nutrition vicieuse et pourra engendrer des cellules qui conserveront le même type nutritif. Et parmi ces cellules, les éléments générateurs, ovule ou spermatozoïde, à leur tour, donneront naissance aux cellules d'un être nouveau dont l'activité nutritive sera semblable à celle de l'individu qui l'a engendré.

La diathèse acquise est devenue héréditaire : elle ne reconnaît pas pour cause chez les descendants le vice de leurs réac-

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