LES AUTRES ÉMONCTOIRES NE PEUVENT SUPPLÉER LE REIN
les poisons introduits normalement ou fabriqués physiologiquement dans l'organisme, lorsque la quantité de poison fabriquée ou introduite en vingt-quatre heures ne peut plus être éliminée dans le même temps par les reins, devenus trop peu perméables.
Cette conception, dont je pense vous avoir démontré expérimentalement la légitimité, diffère à coup sûr des doctrines anciennes et même de celles qui régnent encore aujourd'hui, puisque chacune d'elles s'est efforcée d'attribuer à l'action d'une seule substance tous les accidents dits urémiques.
Entre la plus large de ces opinions, celle qui, se recommandant du nom de Schottin, incrimine tout le groupe des substances extractives, — opinion que M. Jaccoud désigne sous le nom de théorie de la créatinémie — et celle que j'ai proposée, il y a encore cette différence que Schottin et les partisans de sa théorie n'ont en vue, comme agents toxiques, que les matières ayant pour origine la désassimilation; or, à mes yeux, celle-ci n'est qu'une des sources de la production des agents toxiques, et il faut y joindre les poisons fournis par la sécrétion biliaire, l'alimentation et les putréfactions intestinales.
La théorie pathogénique que j'admets est donc plus compréhensive que ses aînées : l'urémie est, pour moi, je le répète, l'intoxication par tous les poisons qui, normalement introduits <3U formés dans l'organisme, auraient du s'éliminer par la voie rénale et en sont empêchés par l'imperméabilité des reins.
Une telle conception m'a conduit à des vues thérapeutiques qui me paraissent n'être pas dénuées d'intérêt; mais, avant de les aborder, je dois traiter la question de la suppléance possible du rein par d'autres organes éhminateurs. On a en effet depuis longtemps songé, dans les cas où l'appareil rénal cesse d'accomplir ses actes dépurateurs, à le faire suppléer par d'autres appareils, tels que la peau ou le poumon.
Ainsi on a donné aux urémiques des bains d'air chaud et sec : on s'est proposé par ce moyen d'introduire à chaque inspiration une certaine quantité d'air sec qui, ressortant pendant