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STIMULATION DE LA PEAU

l'expiration chargé d'humidité^ soustrait ainsi de l'eau à l'organisme.

On a cherché à exercer aussi une spoliation aqueuse sur l'économie en activant la sécrétion sudorale, soit par l'administration des bains de vapeurs, soit par l'emploi de médicaments sudorifiques comme le jaborandi.

Dans tous ces cas on décharge certainement le sang de quelque chose, mais non pas malheureusement de ce qui est toxique ; on enlève peut-être à l'économie certaines substances toxiques qui doivent normalement sortir par la peau, mais non celles que le rein est chargé d'éliminer.

Ce qu'on enlève surtout à l'organisme par ces moyens, c'est de l'eau; le résultat inévitable est la diminution de la quantité des urines, et il m'est difficile d'admettre que cette diminution des urines soit un résultat utile chez des malades dont les urines sont déjà diminuées comme quantité et comme densité.

On agissait plus logiquement lorsqu'on s'est proposé d'augmenter la sécrétion urinaire par divers moyens. Tantôt on a cherché à diminuer l'état congestif du rein, soit dans les maladies aiguës, soit en cas de poussée congestive au cours d'atfections chroniques de cet organe, à l'aide des révulsifs (ventouses scarifiées ou sèches, .sangsues, sinapismes). Tantôt on s'est efforcé de stimuler Is système nerveux en irritant ses extrémités cutanées, par des frictions, afin d'obtenir par voie réflexe une accélération de la circulation rénale et, par suite, une suractivité sécrétoire du rein. Je suis convaincu que, dans beaucoup de cas, les frictions cutanées augmentent la sécrétion urinaire.

On a demandé le même résultat à certains médicaments, le café, la digitale surtout, moyens ditlérents des précédents, puisqu'ils s'adressent au système nerveux central.

A propos de la digitale, je ne puis me dispenser de vous dire que ce médicament ne doit pas être indifTéremment employé à toutes les périodes des maladies du rein. Quand la fonction rénale est entravée, il est prudent de n'user qu'avec une extrême réserve de certains médicaments. Lorsque l'imperméabilité du

DIURÉTIQUES : DIGITALE, LAVEMENTS FROIDS d39

rein est devenue telle qu'il cesse de pouvoir éliminer les matières toxiques fabriquées par Torganisme, il retient aussi les substances médicamenteuses ; il est aussi imperméable pour les poisons thérapeutiques que pour les poisons naturels, et l'emploi de médicaments toxiques, en pareil cas, n'a d'autre effet que d'associer l'intoxication médicamenteuse à l'intoxication urémique.

La digitale réussit pourtant, chez certains brightiques, à augmenter la quantité des urines, mais c'est surtout quand il y a des troubles cardiaques associés à la maladie du rein et quand celui-ci n'est pas encore très imperméable; à une période plus avancée, on doit redouter l'action de la digitale. Je ne dis pas qu^il faille absolument y renoncer, mais il faut en surveiller l'emploi de très près. La prudence ne consiste pourtant pas à n'employer que de petites doses; il faut employer, au contraire, ^ des doses suffisantes, des doses qui risquent d'être toxiques, sinon on n'obtiendrait aucun effet; mais ces doses doivent être assez fractionnées pour qu'on ait le temps de supprimer immédiatement la médication, si l'on voit apparaître des signes d'intolérance, nausées, vomissements. Il va sans dire que la digitale est inappHcable à cette forme d'urémie, qui est caractérisée cliniquement par des accidents gastro-intestinaux.

Il est encore d'autres moyens d'augmenter la sécrétion des urines. On peut se proposer de déplacer une partie de la masse de sang qui est en stagnation relative dans certains départements du système vasculaire, et de la rejeter dans la grande circulation afin d'augmenter la pression dans les vaisseaux du rein. Entre les capillaires artériels de l'abdomen et le foie se trouve une masse assez considérable de sang accumulée dans le système porte, dans les parenchymes hépatique et splénique; on peut remettre en branle dans la circulation générale cette réserve presque stagnante ; on peut vider, en un mot, le système porte pour augmenter la tension artérielle générale et consécutivement mettre en jeu la fonction rénale. Ce résultat peut être obtenu par l'introduction de l'eau froide dans l'abdomen, par l'emploi de lavements froids; j'ai vu, dans certains cas,

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une aniirie grave céder à l'usage des lavements froids, c'est donc un moyen qu'on ne doit pas négliger.

On peut faire ingérer des boissons fraîches qui, outre la stimulation qu'elles pourront imprimer à la contractilité des vaisseaux abdominaux, feront absorber une certaine quantité d'eau pour favoriser encore la diurèse. Parmi les liquides qu'il convient de prescrire, le lait est un des plus puissants médicaments qu'on puisse opposer aux accidents urémiques et non pas seulement à l'albuminurie. Ses avantages sont multiples, comme nous le verrons.

On pourrait peut-être aussi utiliser comme médicament un corps qui a été considéré jusqu'à ce jour comme un poison et qui est capable plus que tout autre de provoquer la sécrétion urinaire; je veux parler de l'urée, à laquelle on ne peut certainement attribuer les accidents urémiques et qui même a pour rôle de les combattre en forçant la barrière rénale. Chez les animaux, l'urée est démontrée expérimentalement diurétique. €hez l'homme sain, ingérée par la voie gastrique, elle n'a pas paru augmenter la quantité des urines. Il resterait à déterminer si chez l'homme malade, par les injections sous-cutanées d'urée, on ne réussirait pas à accroître la sécrétion urinaire. J'ai entrepris chez les animaux et plus tard chez l'homme des expériences dans ce sens. Chez une malade brightique avec affection cardiaque, j'ai vu une fois l'injection sous-cutanée d'urée provoquer une diurèse de 7 litres en vingt-quatre heures, mais je dois dire que, dans de nouvelles rechutes de l'oligurie chez cette même malade, l'injection d'urée a échoué, comme aussi d'ailleurs l'administration de la digitale, qui, quelques semaines auparavant, avait provoqué une diurèse abondante.

J'ai établi que la peau et le poumon ne peuvent vicarier le rein, devenu incapable d'accomplir sa tâche éhminatrice. Mais d'autres émonctoires ne le peuvent-ils? Ou du moins ne pourrait-on utiliser, comme émonctoires, de grandes surfaces muqueuses, comme celle du tube digestif, l'estomac et l'intestin?

Depuis longtemps on a combattu l'urémie par les vomissements. On a cherché à imiter ce qui se passe dans certains cas

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