ACTION DES PURGATIFS
d'urémie où les vomissements sont fréquents, on s'est proposé de provoquer à la surface de l'estomac une sécrétion de matières extractives. Il n'est pas démontré que les vomitifs augmentent notablement la sécrétion gastrique. Ils ont, par contre, deux inconvénients évidents; car ils produisent deux effets : l'abaissement de la tension artérielle, et, par suite, la diminution de la sécrétion rénale; Faugmentation de la sécrétion cutanée, ce qui diminue encore la sécrétion rénale.
On est, d'ailleurs, vite revenu de cette pratique, et on s'est adressé à l'intestin, dont on a provoqué l'hypersécrétion par les drastiques.
Les purgatifs ont été employés depuis très longtemps d'après des vues théoriques. C'est sur la théorie de Wilson que se sont appuyés les médecins qui ont voulu, au moyen des purgatifs, soustraire de l'urée au sang. Mais la sécrétion intestinale n'a pas une action élective sur l'urée; elle n'enlève l'urée au sang que dans la proportion où celle-ci se trouve dans le plasma sanguin. Si le sérum du sang contient, par litre, 32 centigrammes d'urée, le liquide exsudé dans l'intestin sous l'influence des purgatifs contient exactement 32 centigrammes d'urée par litre.
En revanche, si l'on enlève au sang un litre d'eau par la voie intestinale, c'est un litre d'eau qui passera en moins par la voie rénale; or ce litre d'eau, éliminé comme urine, aurait entraîné 50 fois plus d'urée. D'ailleurs, nous savons que la théorie de Wilson est fausse et que l'urée n'est pas la cause des accidents urémiques.
Voyons quelle est la composition des matières éliminées par les purgatifs, à ne considérer que les substances toxiques. Les purgatifs soustraient au sang : en première ligne, de l'eau; ils déshydratent le sang et par suite les tissus ; cette déshydratation va peut-être diminuer les œdèmes et les épanchements dans les séreuses; elle soustraira peut-être de l'eau aux cellules, et, avec cette eau, une partie des substances toxiques. Mais il n'en résultera un effet favorable que si l'on restitue immédiatement aux tissus l'eau qu'on vient de leur enlever, sinon on n'aura fait