DANGERS DES SELS DE POTASSE
toxication par la potasse qu'il contient. Si Ton veut opposer une préparation bromurée aux accidents urémiques convulsifs, il faut s'adresser au bromure de sodium; mais jamais il ne faut accepter, pour les urémiques, aucun sel de potasse^ pas plus le bromure de potassium que le nitrate de potasse. On les remplacerait d'ailleurs avec avantage par le bromure de sodium et par le nitrate de soude, aussi actifs thérapeutiquement et quarante fois moins toxiques.
Yoilà donc le bilan de la thérapeutique de l'urémie, tel que nous l'ont léguée nos devanciers. Parmi tous ces moyens, que reste-t-il de valable? Certains agents diurétiques, en tête desquels le lait, et la saignée pour certains cas.
Peut-être cependant y aurait-il autre chose à faire contre les accidents urémiques, en appliquant cette thérapeutique pathogénique que je cherche à mettre en honneur depuis six ans que je professe.
Il y a peut-être des indications thérapeutiques à tirer de la connaissance que nous possédons des sources de l'accumulation des matières toxiques dans l'économie : la désassimilation, la sécrétion du foie, l'alimentation, les putréfactions intestinales. Cherchons si nous ne pourrions pas agir sur l'une ou l'autre de ces sources d'intoxication pour les tarir ou les diminuer.
Pouvons-nous entraver la désassimilation? Y a-t-il indication d'administrer ces substances qui passent pour ralentir les échanges nutritifs, et qu'on a appelés des médicaments d'épargne, l'arsenic, la valériane? Ce serait bien inutile. La maladie a produit elle-même cet arrêt de la désassimilation. L'accumulation des matières toxiques a entravé les conditions de l'osmose, un équilibre de tension s'est établi entre les liquides intra et extra-cellulaires, la circulation de la matière à travers la cellule ne s'opère plus qu'imparfaitement; les substances combustibles et l'agent comburant, l'oxygène, n'entrent plus qu'à peine en conflit, si bien qu'on voit baisser la température, preuve évidente du ralentissement de la nutrition. La température peut s'abaisser jusqu'à 30° dans le rectum. La maladie est allée elle-même au-devant du desideratum que nous for-
INHALATIONS D'OXYGÈNE 44o
mulioDs; il est bien inutile de songer à entraver davantage les oxydations, dont l'insuffisance peut, à elle seule, devenir mortelle. Je vais plus loin ; ce qui est surtout toxique, ce sont les produits de la vie sans oxygène. Augmentez l'oxygène disponible, vous n'augmenterez que très modérément la désassimilation; mais les produits de cette désassimilation seront beaucoup moins toxiques. J'ai vu le séjour dans l'air comprimé diminuer de plus de moitié la toxicité urinaire. Il est donc rationnel d'adopter la pratique de Jaccoud, qui vante les inhalations d'oxygène dans le traitement de l'urémie.
Que pouvons-nous faire pour lutter contre cette source de poison qui réside dans la sécrétion biliaire? On peut d'abord diminuer la quantité de bile sécrétée. Un moyen usité empiriquement et excellent est le lait, quand il est bien digéré ; car, s'il n'est pas absorbé, il purge et augmente la sécrétion biliaire. Mais, quand la "digestion du lait est parfaite, la constipation s'établit et le résidu fécal sec et dur qu'il laisse ne contient presque pas de pigment biliaire.
On peut encore expulser la bile quand elle est formée, en la balayant à l'aide de certains sels neutres dont l'action se borne à faire parcourir rapidement au contenu de l'intestin son trajet jusqu'à l'anus. Yous éviterez, en tout cas, les purgatifs potassiques, la crème de tartre soluble et le sel de Seignette.
Mais, dans la bile, la plus grande part de la toxicité incombe aux matières colorantes; nous avons prouvé que la bile décolorée est beaucoup moins toxique. Nous avons le moyen de décolorer la bile dans le tube digestif en administrant le charbon à dose suffisante.
Nous pouvons diminuer la source de toxicité qui réside dans l'ahmentation, en diminuant celle-ci au point de vue surtout des matières minérales, de la potasse qui concourt pour une part importante à l'intoxication. On choisira, pour les urémiques, des aliments rapidement digérés et absorbés, ce qui aura encore l'avantage de ne pas livrer aux agents de la putréfaction intestinale de la matière indigérée, facilement putrescible. On recherchera des aliments peu riches en matières exfractives et
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