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FERMENTATIONS ACIDES ET PUTRIDES

qui peut être stomacal, intestinal, ou porter à la fois sur l'estomac ou l'intestin. Le dégagement de ces gaz se révèle par des éructations précédées de sensations brûlantes dans l'estomac, ou accompagnées de pyrosis dans l'œsophage et le pharynx. Il peut y avoir des vomissements acides, dont l'acidité est due le plus souvent à l'acide acétique, rarement à l'acide chlorhydrique. L'acidité de la bouche peut engendrer des altérations dentaires. Le contenu de l'intestin devenu anormalement acide peut non seulement provoquer la diarrhée en irritant la muqueuse, mais irriter même la peau au delà du rectum, ainsi que l'atteste l'érythème des fesses dans les dyspepsies acides du premier âge. La réaction acide se substitue à la réaction normale du contenu intestinal. On observe des changements dans la coloration des garde-robes; la bile est expulsée avec une couleur verte. La production d'hydrogène sulfuré diminuant, certaines substances administrées en vue d'arrêter la diarrhée, telles que le bismuth, ne donnent plus aux selles une coloration noire, car il ne se forme plus de sulfure de bismuth. Yoilà des signes extérieurs qui indiquent, même à la vue, la production de fermentations acides dans le tube digestif.

Lorsqu'il y a prédominance des fermentations d'ordre putride, il se fait plutôt un dégagement excessif d'hydrogène sulfuré, d'ammoniaque, de sulfhydrate d'ammoniaque, qui se révèle à nos sens par l'odeur des gaz expulsés.

Parallèlement à ces phénomènes objectifs existent des phénomènes subjectifs, parmi lesquels les plus modérés sont la fatigue, l'accablement, la céphalée, les bourdonnements d'oreille et la surdité, les troubles de la vue, les vertiges.

Avec un rein perméable, les choses peuvent ne pas aller plus loin. Mais, si l'émonction rénale est insuffisante, on peut voir se développer une fraction d'intoxication urémique par simple exagération des fermentations intestinales. Si, par exemple, des vomissements abondants ont causé l'oligurie, on peut constater la réfrigération, la paralysie des vaisseaux cutanés, des crampes, des convulsions, du coma, des paralysies, la mort même, bien que le rein ne soit pas réellement malade. Il aura

TOXICITÉ INTESTINALE ET TOXICITÉ URINAIRE loi

suffi, pour faire naître de tels accidents, que la quantité de matière toxique introduite dans le sang dépasse Tactivité des reins chargés de l'éliminer.

De la constatation des faits précédents on peut déjà conclure que la quantité des urines émises est très importante dans les intoxications d'origine intestinale; que les variations dans la toxicité urinaire peuvent donner, en pareil cas, la mesure du degré d'intoxication et qu'on doit trouver, sous l'influence des fermentations intestinales, une augmentation de la toxicité des urines. J'ai reconnu que, dans bon nombre de maladies, il en est ainsi. Si je supprime les fermentations intestinales, je fais diminuer la toxicité des urines; je la fais diminuer, mais non disparaître, puisque je ne supprime qu'une des sources naturelles de cette toxicité. Je puis diminuer la toxicité des urines, soit que je neutralise les produits des putréfactions à l'aide du charbon et que j'empêche leur absorption, soit que j'entrave les putréfactions elles-mêmes, en faisant l'antisepsie intestinale au moyen de l'iodoforme, de la naphtahne. J'ai donc prouvé la réalité du passage d'une plus grande quantité de matière toxique se rendant de l'intestin au rein en cas d'augmentation des fermentations intestinales.

Cette preuve avait été déjà donnée auparavant par la chimie. Dans mes expériences de 1882, où je ne m'étais préoccupé que d'une catégorie des substances toxiques, les alcaloïdes, j'avais montré qu'ils augmentaient parallèlement dans les matières fécales et dans les urines. J'avais conclu que l'organisme est de ce fait sous le coup d'une menace constante d'intoxication.

D'autres observateurs m'avaient précédé dans cette voie. Stâdeler, en I8/1.8, avait trouvé du phénol dans les urines, sans en tirer aucune conclusion. En 1877, Baumann trouve du phénol dans les matières fécales ; on doit bien admettre que celui-ci passe du tube digestif dans les urines.

En 1826, Tiedemann et Gmelin découvrent dans le duodénum une substance qui se colore en rose par l'eau chlorée, l'indol.

Braconnot, sans voir dans sa découverte une relation avec la précédente, a constaté dans l'urine une certaine substance

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d'une couleur différente, la cyanourine, qui est l'indican, dérivé de l'indol.

En 1872, Jaffé fait une injection sous-cutanée d'indol et voit l'indican apparaître ou augmenter dans les urines. Donc l'indol qui est fabriqué dans les matières fécales est la cause de l'indican urinaire.

Ces premières expériences sont la source de tout ce qui a été fait depuis lors. Une expérience bien probante est celle de Senator : il recherche l'indican dans les urines des nouveau-nés et n'en trouve pas; il analyse le méconium et n'y trouve pas d'indol. Rien n'est mieux démontré aujourd'hui que la relation parallèle entre l'augmentation de l'indican dans les urines et de l'indol dans les matières fécales, c'est-à-dire des variations de l'indican urinaire suivant l'activité des fermentations intestinales. Aloysius Martin constate, dans toute maladie du tube digestif, une augmentation de l'indican urinaire. Hassal en signale une forte proportion dans les urines des cholériques; Gubler, dans la fièvre typhoïde et le choléra. Un des élèves de Gubler, A. Robin, en étudie les variations dans la fièvre typhoïde. Carter, Jaffé ont montré que l'indican urinaire augmente par suite de la rétention des matières fécales, dans l'obstruction intestinale, dans l'étranglement interne. Senator signale le même fait dans certaines constipations, où les matières alvines se maintiennent à l'état liquide ou demi-sohde. Des recherches analogues ont été faites pour d'autres substances, par Salkov^^sky pour le phénol, le crésol. On les voit augmenter, comme l'indican dans les urines, dans certaines diarrhées et dans l'obstruction intestinale.

J'en dirai autant d'une matière non définie chimiquement et révélée dans les urines par une coloration rouge vineuse qu^y provoque l'addition de perchlorure de fer. EHe a été observée par Senator, Riess, Litten, non seulement dans l'acétonémie ou le diabète sucré, dans l'anémie pernicieuse ou la leucocythémie, mais dans les états dyspeptiques graves, dans certains carcinomes stomacaux, tous cas dans lesquels se font dans le tube digestif des fermentations anomales. J'ai vu encore

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