‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladiesChapitre 93 sur 227 · EMBARRAS GASTRIQUE · texte numérisé non relu

EMBARRAS GASTRIQUE

Il est certain que les troubles subjectifs éprouvés par les malades ne peuvent être expliqués par une insuffisance alimentaire d'aussi courte durée. Au contraire, la production de fermentations putrides rend compte de l'amertume de la bouche, de la céphalalgie, de l'accablement. Si je n'ai donc pas de renseignements sur la cause première de la maladie, j'ai des raisons pour supposer qu'une part doit être faite à l'intoxication dans la pathogénie de quelques-uns des accidents.

Chez certains individus, qui, habituellement diarrhéiques, n'ont pourtant chaque jour qu'une seule garde-robe liquide et fétide, on observe presque toujours la céphalée, des vertiges, quelques frissonnements; ils accusent en général l'amertume de la bouche; leur haleine, leur peau ont une odeur désagréable. Or toutes ces incommodités peuvent disparaître momentanément par l'évacuation du contenu du gros intestin. L'individu qui se réveille avec une sensation d'accablement en peut être débarrassé par un simple lavement. Ce que je vous dis là ne constitue pas une démonstration, mais c'est une raison de plus à ajouter aux probabilités en faveur du rôle joué par l'intoxication dans la genèse d'accidents nerveux incommodes, quoique atténués, en dehors même de toute maladie nettement constituée.

On peut voir des accidents plus graves céder après la simple évacuation du contenu du tube digestif. Le lavage de l'estomac n'est pas un moyen curatif à proprement parler, mais il enlève certains malaises, la céphalalgie, la migraine. Chez quelques malades atteints de dilatation de l'estomac, le lavage fait disparaître non seulement la douleur, le pyrosis, les aigreurs, mais tous les autres accidents dits réflexes. Certes, le lavage ne guérit pas la dilatation de l'estomac, mais il est dans certains cas nécessaire et rend des services considérables en atténuant les plus pénibles symptômes, services manifestes, malheureusement transitoires aussi. Dans mon service se trouvait une femme dont l'estomac était dilaté; elle souffrait d'une céphalée sus-orbitaire constante. Le lavage était toujours suivi immédiatement de la disparition de cette céphalée.

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